Washington appelle ses ressortissants à quitter le Moyen-Orient
Les Etats-Unis exhortent leurs ressortissants à “quitter immédiatement” une quinzaine de pays “en raison de risques importants de sécurité”. Selon le communiqué du Secrétariat d’Etat américain, sont concernés : le Bahreïn, l’Egypte, l’Iran, l’Iraq, Israël, la Cisjordanie occupée, Gaza, la Jordanie, le Koweït, le Liban, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Syrie, les Emirats arabes unis, et le Yémen.
“Les Américains qui ont besoin de l’aide du Département d’Etat pour organiser leur départ par voie commerciale” peuvent demander de l’aide aux autorités, peut-on lire également dans cet avis publié sur X par la sous-secrétaire d’Etat aux affaires consulaires, Mora Namdar.
Parmi ces pays, certains ont été ciblés par la riposte iranienne depuis le déclenchement de l'opération militaire. Lors d'une intervention à la Maison Blanche, Donald Trump a répété que celle-ci durerait au moins “quatre à cinq semaines”.
Donald Trump prêt à envoyer des troupes au sol en Iran
La guerre, entre l’Iran d’un côté et les Etats-Unis et Israël de l’autre, n’en finit pas d’embraser le Moyen-Orient. Si les bombardements ont continué notamment à Téhéran, le Liban a également été la cible de plusieurs raids aériens israéliens. Lundi soir, “l’armée de l’air israélienne a frappé et démantelé” le siège de la radio-télévision d’Etat à Téhéran.
Lors d’une intervention à la Maison Blanche, Donald Trump a fixé quatre objectifs : détruire “les capacités de l’Iran”, “anéantir leur marine”, faire en sorte que le régime iranien “n’obtienne jamais l’arme nucléaire” et “ne puisse plus continuer à armer et financer des groupes armés terroristes en dehors de ses frontières”.
Il a également assuré qu’il n’hésiterait pas à envoyer des troupes américaines au sol en Iran “si c’était nécessaire”. Une perspective qui ne lui fait “pas peur”, a-t-il ajouté dans une interview au New York Post. Une option également évoquée par Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain.
Les Etats-Unis ont frappé plus de 1 250 cibles dans les premières 48 heures du conflit contre l’Iran. Les cibles comprennent des centres de commandement et de contrôle, des sites de missiles balistiques, des navires et sous-marins, ainsi que des sites de missiles antinavires.
En riposte à des attaques du Hezbollah contre son territoire, Israël a lancé des raids aériens sur des zones chiites de la banlieue sud de la capitale libanaise, ainsi que dans le sud du pays. Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a prévenu qu’il fallait se “préparer à de nombreux jours de combat, qui s’annoncent longs”.
Trois avions de combat américains se sont écrasés au Koweït, abattus par ce pays du Golfe, au moment où l’Iran frappait cette région, a précisé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a assuré que la France se tenait “prête à participer” à la défense des pays du Golfe. Il annonce son “soutien entier et pleine solidarité” aux pays “amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la Révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisi”, citant les Emirats arabes unis, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Irak, Bahreïn, Oman, le Koweït et la Jordanie.
Le ministère de la Défense qatari a annoncé que des drones iraniens avaient ciblé une centrale électrique et une installation énergétique du pays.
Procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty
Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina étaient soupçonnés d’être les auteurs de la campagne de haine qui avait conduit à l’assassinat de Samuel Paty en 2020. Ils ont de nouveau été condamnés en appel par la cour d’assises spéciale de Paris. Le premier, prédicateur, écope d’une peine de 15 ans de réclusion criminelle, autant qu’en première instance. Le second, père d’une élève de l’enseignant, voit sa peine réduite à 10 ans, contre 13 ans à l’issue du premier procès, fin 2024.
Les deux autres accusés qui avaient fait appel, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, ont été condamnés, respectivement, à 6 et 7 ans d’emprisonnement, pour association de malfaiteurs mais sans que son caractère terroriste ne soit retenu. Des peines nettement plus faibles qu’en première instance, où tous deux avaient été condamnés à 16 ans d’emprisonnement. Tous deux étaient des proches d’Abdoullakh Anzorov, le jihadiste tchétchène de 18 ans qui a tué Samuel Paty, abattu après l’attentat. Accusés de l’avoir véhiculé et aidé à se procurer des armes, ils étaient poursuivis pour complicité d’assassinat.
Dans la foulée de la confirmation du verdict, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui a annoncé qu’il allait se pourvoir en cassation. Francis Vuillemin, l’un de ses avocats, dénonce une “condamnation de toute la communauté musulmane française par une justice discriminatoire”.
L’audience a été marquée par des polémiques, notamment autour des propos d’un des avocats de la défense, qui avait accusé Samuel Paty d’avoir discriminé ses élèves musulmans. Avant l’ouverture de ce procès en appel, la famille de Samuel Paty avait exprimé le souhait que “le jugement de première instance soit confirmé”.
Discours d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire
Depuis la base militaire de l'Ile Longue dans le Finistère, Emmanuel Macron a annoncé que la France entrait de façon “progressive” dans une nouvelle étape en matière de nucléaire militaire, qu'il a qualifiée de “dissuasion avancée”. Ce rendez-vous quinquennal prévu de longue date était particulièrement scruté après le début de l’offensive israélo-américaine en Iran.
La guerre contre l’Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël, “porte et portera son lot d’instabilité et d’embrasement possible à nos frontières”, a affirmé Emmanuel Macron, devant le sous-marin nucléaire Le Téméraire.
“Nous vivons actuellement au plan géopolitique une période de rupture pleine de risques et nos compatriotes en ont pleinement conscience. Cette période justifie un durcissement de notre modèle”, a ajouté le président, qui s’est voulu rassurant quant aux capacités françaises.
Le président a également souligné le “réagencement des priorités américaines” comme un motif supplémentaire de renforcer les dispositifs de défense français et européen. Concrètement, cette stratégie se traduira par une augmentation du nombre de têtes nucléaires. Mais la quantité de ces ogives destinées à équiper des missiles sera maintenue secrète, afin de protéger les intérêts français.
Mais “il ne s’agit pas ici d’entrer dans une quelconque course aux armements. Cela n’a jamais été notre doctrine”, a précisé Emmanuel Macron qui a aussi dévoilé le nom du futur sous-marin nucléaire lanceur d’engins, qui sera opérationnel en 2036 et sera baptisé L’Invincible.
“Pour être puissants, il faut être plus unis”, a dit Emmanuel Macron, souhaitant “que les Européens reprennent le contrôle de leur propre destin”. La “dissuasion avancée” voulue par le chef de l’Etat se traduira donc aussi par des coopérations avec huit pays européens intéressés par l’initiative : le Royaume-Uni – seul autre pays d’Europe à être doté de l’arme nucléaire –, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark.
En revanche, “il n’y aura aucun partage de la décision ultime” d’enclencher des frappes nucléaires ni de ce qui représente les “intérêts vitaux”, qui resteraient entre les mains du président de la République, a-t-il insisté.
Le prix du gaz en Europe s’envole de plus de 50% après l’arrêt de la production par QatarEnergy
La guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran a des conséquences sur les marchés de l’énergie. Le prix du gaz en Europe a explosé après l'annonce par la compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, de l’arrêt de sa production de gaz naturel liquéfié à la suite d'attaques de drones iraniens contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement de gaz.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s’affiche en hausse de plus de 44% à 46,08 euros le mégawattheure. Plus tôt, il avait atteint 47,7 euros, soit une hausse de plus de 52%, son plus haut niveau depuis février 2025. Il reste encore très loin des niveaux atteints en 2022 au début de la guerre en Ukraine, où il avait dépassé les 300 euros.
Cette interruption de la production et la flambée des prix qui a suivi surviennent alors que le détroit d’Ormuz, voie névralgique du commerce mondial, est désormais évité par les principaux armateurs mondiaux en raison du conflit. Le Qatar est l’un des principaux producteurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, aux côtés des Etats-Unis, de l’Australie et de la Russie. Il partage avec l’Iran le plus grand réservoir de gaz naturel du monde.



