Pétition contre la loi Duplomb : un référendum est-il possible ?
Selon le compteur du site de l'Assemblée nationale, plus de 1,5 million de personnes ont signé une pétition pour demander l'abrogation immédiate de la loi Duplomb. La gauche et les écologistes se sont fortement mobilisés contre ce texte, soutenu par la droite et le Rassemblement national, tandis que le camp présidentiel est plus divisé sur la question.
Avant l'adoption définitive de la loi, les opposants avaient déjà appelé le chef de l'État à demander aux Français de trancher cette question de la réintroduction d’un néonicotinoïde interdit.
En théorie, selon l’article 11 de la Constitution : "Le président de la République, sur proposition du gouvernement ou sur proposition conjointe des deux assemblées peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation".
En pratique, voir Emmanuel Macron convoquer un référendum est beaucoup plus improbable. De façon plus réaliste, les opposants au texte veulent que le chef de l'État sollicite une seconde délibération au Parlement avant la promulgation.
D'autres responsables politiques appellent Emmanuel Macron à ne pas promulguer le texte une fois que le Conseil constitutionnel, saisi par des députés de gauche, aura rendu sa décision sur la loi Duplomb. Cette option s’avère dangereuse en ce qu’elle équivaut à une violation de la Constitution.
Les opposants au texte estiment que le référendum d'initiative partagée pourrait être une arme contre les dispositions contestées de la loi Duplomb. Il est lui aussi défini à l'article 11 de la Constitution : "Un référendum peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d'une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins d'un an".
Pas de problème, a priori, pour réunir un cinquième des 925 parlementaires, à savoir 185 députés et sénateurs, car la gauche atteint ce seuil rien qu'à l'Assemblée nationale. Mais deux autres obstacles existent car cette initiative doit être soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, soit 4,93 millions de personnes.
La pétition lancée par l'étudiante Eléonore Pattery a été déposée et soumise aux signatures sur le site de l’Assemblée nationale, alors que les signatures pour le RIP sont récoltées sur le site du ministère de l’Intérieur. Autrement dit, si un tel processus était enclenché par les parlementaires de gauche, il faudrait convaincre tous les opposants qui ont déjà signé de le faire de nouveau ailleurs.
De plus, il faut attendre un an après la promulgation de la loi pour organiser un référendum sur une nouvelle proposition de loi, qui viserait l'abrogation de la précédente. Mais la loi Duplomb n'a pas encore été promulguée par Emmanuel Macron, ce qui retarde d'autant le processus d'ouverture du RIP.
Jean-Noël Barrot s'est rendu à la centrale nucléaire de Tchernobyl
Jean-Noël Barrot s'est rendu dans l'ancienne centrale de Tchernobyl, située près de Kiev. La centrale, théâtre du pire accident nucléaire de l'Histoire en 1986, a été endommagée par un drone russe en février 2025, selon Kiev. "En perçant l'arche de confinement, Moscou a retardé la décontamination du site. Une preuve supplémentaire de son irresponsabilité criminelle", a réagi sur X le ministre.
Jean-Noël Barrot s'est également entretenu avec Volodymyr Zelensky, à l'occasion d'une visite officielle à Kiev. Il a assuré au président ukrainien que les Européens continueront "d'accroître la pression sur Vladimir Poutine". De son côté, Volodymyr Zelensky a assuré sur X que "des entreprises françaises ont décidé de commencer à fabriquer des drones en Ukraine".
Jean-Noël Barrot, en visite pour deux jours en Ukraine, s'est par ailleurs rendu à la station de métro Loukianivska de Kiev, l'un des sites endommagés par les dernières frappes russes et qui, comme d'autres stations, sert habituellement d'abri à la population.
Au Brésil, l'ancien président Jair Bolsonaro menacé d'emprisonnement
Un juge de la Cour suprême du Brésil a sommé les avocats de Jair Bolsonaro de s'expliquer, "sous peine d'emprisonnement immédiat", sur la diffusion en ligne de propos de l'ancien président en violation d'une interdiction d'utiliser les réseaux sociaux. L'ancien dirigeant d'extrême droite, jugé pour tentative de coup d'État contre l'actuel président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, s’est vu contraint de porter dorénavant un bracelet électronique et de ne plus recourir aux réseaux sociaux.
Le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes a justifié ces mesures en lui reprochant d'inciter, avec son fils Eduardo, à des "actes hostiles" des États-Unis contre le Brésil et de tenter de faire "obstruction" au procès.
L'ex-président n'a pas publié le discours sur son propre compte, mais sur ceux de ses fils et alliés politiques. "C'est le symbole de l'humiliation ultime", a déclaré Jair Bolsonaro en montrant pour la première fois le bracelet électronique qu'il est contraint de porter à la cheville gauche. "Ce qui est valable pour moi, c'est la loi de Dieu", a-t-il ajouté dans des déclarations qui ont rapidement circulé sur les médias sociaux.
La pression judiciaire s'accroit sur l'ancien chef d'État en pleine crise diplomatique entre le Brésil et les États-Unis. Dénonçant une "chasse aux sorcières" à l'encontre de son allié, le président américain Donald Trump a menacé le Brésil de droits de douane supplémentaires de 50% à partir d'août.
L'Agence France-Presse alerte sur l'état de santé des journalistes à Gaza
Dans un message rrelayé sur X, la Société des journalistes de l'Agence France-Presse alerte sur l'état de santé de ses reporters actuellement dans la bande de Gaza. "Sans intervention immédiate, nous risquons d'apprendre leur mort à tout moment et cela nous est insupportable".
Depuis le début de la guerre en octobre 2023, Israël interdit l'accès de l'enclave à tous les journalistes étrangers, à l'exception de visites ponctuelles accompagnées et dirigées par l'armée israélienne. Suite au départ forcé de ses équipes habituelles sur place, l'AFP travaille avec une équipe d'une dizaine de pigistes dans l'enclave palestinienne.
"Avec quelques autres, ils sont aujourd'hui les seuls à rapporter ce qu'il se passe dans la bande de Gaza. Nous voyons leur situation empirer. Depuis que l'AFP a été fondée en août 1944, nous avons perdu des journalistes dans des conflits, nous avons eu des blessés et des prisonniers dans nos rangs, mais aucun de nous n'a le souvenir d'avoir vu un collaborateur mourir de faim".
D’après un décompte de Reporters sans frontières, plus de 200 journalistes sont morts à Gaza depuis octobre 2023, dont au moins 43 dans l'exercice de leurs fonctions.
Violences urbaines liées au trafic de drogue
Règlements de comptes à Nîmes, commissariat attaqué à Compiègne, guet-apens tendu à des policiers à Béziers, voitures brûlées à Charleville-Mézières… Depuis quelques jours, certaines villes en France connaissent des épisodes de violences urbaines. Selon les autorités, ces violences s'inscrivent à chaque fois dans le cadre du trafic de drogue et la politique menée par l'État contre le phénomène du narcotrafic.
Depuis deux semaines, huit fusillades ont éclaté dans certains quartiers de Nîmes dans le Gard. Fin juin, un règlement de compte fait six blessés, dont quatre mineurs, dans le quartier sensible de Valdegour. Le 10 juillet, c'est au Mas de Mingue qu'un homme de 53 ans a été tué. En début de semaine dernière, à Saint-Bénézet, un guetteur de 19 ans du quartier Pissevin est tué par balle puis immolé. Des menaces sont diffusées sur les réseaux sociaux : "Il n'y a plus d'innocents. On va tuer même les enfants de 5 ans. Chaque personne qui croise nos hommes en noir sera criblée de balles."
Après cette succession d'actes criminels liés au narcotrafic, la municipalité a annoncé l'instauration d'un couvre-feu de 21 heures à 6 heures pour les mineurs de moins de 16 ans dans six quartiers prioritaires de la ville. Le préfet du Gard a également renforcé les moyens policiers sur place.
Des violences ont également secoué le quartier de La Devèze, gangréné par le trafic de stupéfiants, à Béziers dans l’Hérault, où les forces de l'ordre et les pompiers sont intervenus pour un incendie de poubelle et de voiture. Ils ont alors été la cible de tirs de mortiers d'artifice de la part d'un groupe d'une cinquantaine d’individus qui les attendait sur place. Un appartement de 130 m2, où vivait une dame avec ses trois filles majeures, a été totalement détruit.
À Compiègne, une trentaine de personnes ont visé le commissariat du quartier du Clos-des-Roses. Selon la préfecture de l'Oise, 40 mortiers d'artifice ont été tirés vers la façade de l'hôtel de police. Le préfet, Jean-Marie Caillaud, a estimé que ces violences urbaines pourraient être liées à la politique antidrogue menée par l’État et la Ville. Le ministère de l'Intérieur a déployé la CRS 8 dans la commune.
Les premiers faits de violence sont survenus alors que le maire divers droite de Charleville-Mézières intervenait avec ses équipes pour poser deux blocs de béton devant le café de la poste, dans le quartier de la Houillère, supposé être un point de deal. Boris Ravignon a alors été visé par un tir de mortier.
Les forces de l'ordre sont intervenues dans ce même quartier, après des tirs de mortiers d'artifice et l'incendie de cinq voitures. Cinq personnes ont été interpellées dont une majeure jugée en comparution immédiate et trois mineures présentées au juge des enfants pour un procès fixé au 8 septembre. Comme dans d'autres villes, la compagnie CRS 8 a été dépêchée par le ministère de l'Intérieur, à la demande de la préfecture des Ardennes.



