Mouvement social intersyndical du 18 septembre
Des centaines de milliers de Français ont défilé ce jeudi dans les rues de plus de 200 villes du pays, répondant à l'appel unitaire de huit syndicats majeurs pour protester contre les coupes budgétaires annoncées par le nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu. Qualifiée de "succès" par les organisateurs, cette mobilisation interprofessionnelle a paralysé une partie des transports et des services publics, marquant un avertissement clair à l'exécutif face à une austérité jugée "brutale".
Selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur à 16 heures, 282 477 personnes ont participé aux manifestations à travers la France, un chiffre revu à la hausse plus tard dans la journée pour dépasser les 500 000 participants.
La CGT, fer de lance du mouvement, avance quant à elle un total supérieur à un million de manifestants, soulignant une participation plus importante que lors de l'action "Bloquons tout" du 10 septembre. À Paris, le cortège parti de la place de la Bastille vers Nation a rassemblé environ 55 000 personnes, selon les autorités, dans une ambiance festive mais tendue en fin de parcours.
Les perturbations ont été notables dans les transports : à la SNCF, le trafic des TER et TGV a été impacté, bien que relativement maintenu dans certaines régions ; à la RATP, métros et bus parisiens ont connu des ralentissements importants. Parmi les secteurs les plus mobilisés, l'éducation nationale a vu une grève très suivie dans les écoles maternelles et primaires, entraînant de nombreuses fermetures d'établissements. Dans la santé, les pharmaciens ont massivement protesté contre la baisse des remises sur les génériques, craignant des pertes d'emplois et des fermetures de pharmacies.
Amnesty dénonce le système d'apartheid et le génocide à Gaza
Amnesty International demande aux États et entreprises de cesser leurs activités "contribuant directement ou pas au système d'apartheid contre les Palestiniens" et au "génocide à Gaza". L'ONG cible quinze entreprises, israéliennes et étrangères, pour lesquelles "Amnesty International a rassemblé des preuves crédibles de leur contribution aux actions illégales d'Israël". Cette liste, non exhaustive, compte l’avionneur américain Boeing, dont les munitions ont été utilisées sur la bande de Gaza, le chinois Hikvision, leader mondial de la technologie de reconnaissance faciale et le fabricant de logiciels américain Palantir, qui apporte ses services à l'armée et au renseignement israéliens.
Le Conseil de sécurité de l'ONU réclame une nouvelle fois "un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent à Gaza", la fin des restrictions de l'aide humanitaire ainsi que la libération immédiate et inconditionnelle des otages. Les États-Unis ont déjà rejeté plusieurs fois ces demandes, utilisant leur veto pour protéger leur allié israélien.
Israël a annoncé le début d’une campagne militaire terrestre et aérienne à Gaza-ville. De jour comme de nuit, les Palestiniens sont donc contraints de quitter la ville. La Défense civile palestinienne a fait état de 64 morts dans les bombardements israéliens à travers la bande de Gaza, dont 41 à Gaza-ville.
La surveillance par drones des manifestations
Les forces de l'ordre ont pris l'habitude d'observer les cortèges grâce à des drones. Lors du mouvement "Bloquons tout" du 10 septembre, 67 arrêtés préfectoraux ont autorisé l'utilisation de drones pour surveiller les actions et manifestations. 24 324 km2 du territoire étaient ainsi susceptibles d'être survolés par des drones de la police ou de la gendarmerie.
Dans les grandes villes, les drones font partie du dispositif habituel de maintien de l'ordre depuis deux ans mais les zones rurales, d'habitude peu exposées aux mouvements sociaux d'ampleurs et donc à l'arsenal du maintien de l'ordre, se sont retrouvées exceptionnellement logées à la même enseigne le 10 septembre.
Pour qu'un aéronef des forces de l'ordre ait le droit de voler au-dessus d'une manifestation, le préfet du département doit le notifier dans un arrêté préfectoral. Ces documents, publics et accessibles sur les sites de chaque préfecture, doivent répondre à plusieurs règles. L'utilisation des drones doit être motivée par une nécessité, l'impossibilité d'atteindre le même but sans y avoir recours et bordée par des limites géographiques et temporelles cohérentes avec l'événement surveillé.
Ces arrêtés préfectoraux ont été étudiés par l'Association de défense des libertés constitutionnelles, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature, qui ont mené des actions en justice contre certaines de ces décisions préfectorales abusives. 35 audiences ont eu lieu devant des tribunaux administratifs, un peu partout dans l'Hexagone et 15 arrêtés ont été suspendus par les juges.
Mais pour saisir la justice, encore faut-il parvenir à prendre connaissance de l'arrêté préfectoral à temps. Lesdits arrêtés sont souvent publiés le jour même des manifestations, parfois plusieurs heures après le début d'autorisation de survol, ou tard la veille des mouvements.
Donald Trump en visite d'État au Royaume-Uni
Lors d'un discours prononcé à l'occasion d'un dîner au château de Windsor devant le roi Charles III et quelque 160 invités, Donald Trump a déclaré que sa visite d’État au Royaume-Uni était "l'un des plus grands honneurs" de sa vie, rappelant également qu'il était le seul président américain à effectuer deux visites d'État dans ce pays.
De son côté, Charles III a salué, dans un discours sobre et court, "l'engagement personnel" de Donald Trump pour tenter de mettre fin aux conflits dans le monde. Le souverain britannique a aussi évoqué la préservation de l'environnement pour les générations à venir. Donald Trump, pourtant défenseur des énergies fossiles, a félicité l'engagement du roi.
Le magnat des médias Rupert Murdoch figurait parmi les invités, en dépit du procès que lui a récemment intenté Donald Trump, dont il était placé à bonne distance. Le monde de la tech était largement représenté, avec notamment le directeur général d'Apple Tim Cook, celui d'OpenAI Sam Altman, Jensen Huang, dirigeant de Nvidia et Steve Schwarzman de Blackstone.
Quelque 5 000 personnes, selon la police, ont manifesté contre la venue du président américain dans le centre de Londres tandis que des activistes ont réussi à projeter des photos de Donald Trump et Jeffrey Epstein sur le château de Windsor.
Michelin envoie à l'étranger des machines achetées avec l'argent public
En 2024, Michelin a perçu plus de 140 millions d'euros d’aides d’État aux entreprises et a engrangé 1,9 milliard d’euros de bénéfices, ce qui ne l'a pas empêché d'annoncer la fermeture de deux sites de production en France à Cholet et à Vannes, où plus de 1 200 emplois seront supprimés. Les salariés accusent le groupe de délocalisations déguisées, une partie de la production étant transférée en Italie et en Pologne.
Le CICE, crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, avantage fiscal lancé par François Hollande en 2012 et transformé depuis 2019 en allègement de charges, a fait économiser à Michelin 135 millions d'euros entre 2013 et 2018. Et pourtant, depuis 2012, le groupe a supprimé plus de 4 600 emplois en France.
En 2016, Michelin a perçu 17 millions d’euros au titre du CICE. Une partie de cette somme fut allouée à l'acquisition de six nouvelles machines pour l’usine de La Roche-Sur-Yon. Mais en février 2018, la direction du groupe gèle l'opération avant d’annoncer la fermeture de l'usine. Les machines financées aux deux tiers par de l'argent public ont été transférées en Espagne, en Italie et en Pologne.
Devant une commission d’enquête du Sénat, le président du groupe Michelin, Florent Menegaux, reconnaît que "si le CICE n’a pas servi aux machines qui sont restées en France, il ne serait pas anormal qu’on les rembourse." C'est ce que réclame le rapport de la commission sénatoriale sur l'utilisation des aides publiques aux grandes entreprises datant de juillet 2025.


