Malgré un mandat international, Vladimir Poutine ne risque pas d'être arrêté en Alaska
Visé depuis mars 2023 par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre, Vladimir Poutine s'apprête à fouler le sol des Etats-Unis pour rencontrer son homologue américain, sans craindre la moindre arrestation. Washington n'ayant jamais ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, les Etats-Unis n’ont donc aucune obligation légale de coopérer avec la juridiction de La Haye.
Depuis l'émission de son mandat d'arrêt, le président russe n'a voyagé que dans des pays jugés sûrs sur le plan juridique, car ne faisant pas partie du traité instituant la Cour pénale internationale, tels que la Chine, la Corée du Nord et les Emirats arabes unis.
À Washington, l'attitude n'est pas simplement indifférente, elle est hostile à la juridiction internationale. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a durci le ton vis-à-vis de la CPI. Le 6 février, le président américain a notamment signé plusieurs décrets, dont un projet de loi visant à rétablir les sanctions contre l'institution, finalement bloqué par les démocrates au Sénat.
La Russie a adopté la même logique de représailles. Moscou a riposté en délivrant ses propres mandats d’arrêt contre le procureur Karim Khan et le juge ayant validé la décision. Dans le pays, l'inculpation de la CPI est considérée comme totalement politique.
Les précédents montrent d'ailleurs que même les signataires du Statut de Rome appliquent leurs obligations de façon sélective. En 2024, Vladimir Poutine a ainsi pu se rendre en Mongolie, pourtant État membre de la CPI, sans être inquiété. En 2015, l'ancien président du Soudan Omar el-Béchir, alors recherché pour génocide, avait été accueilli en Afrique du Sud sans arrestation.
Plus récemment, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a été reçu à Budapest par son homologue hongrois Viktor Orban, qui avait alors déclaré ne pas arrêter ses amis. Depuis, la Hongrie a entrepris les démarches pour quitter la Cour. Le Premier ministre israélien a également survolé le territoire français sans être arrêté par les autorités françaises.
Au-delà de l'aspect juridique, une arrestation de Vladimir Poutine sur le sol américain serait un séisme diplomatique d'une ampleur inédite.
Un ministre israélien veut accélérer la colonisation en Cisjordanie
Un ministre israélien d'extrême droite a appelé à accélérer un projet de construction de 3 400 logements en Cisjordanie et à annexer ce territoire palestinien occupé par Israël. Ce projet clé, baptisé E1, couperait la Cisjordanie en deux et empêcherait définitivement la création d'un éventuel Etat palestinien disposant d'une continuité territoriale.
Le patron de l'ONU, Antonio Guterres, a averti que ce projet, "s'il se concrétisait mettrait fin aux perspectives d'une solution à deux Etats et couperait le nord du sud de la Cisjordanie". La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a aussi appelé Israël à "renoncer" à poursuivre son projet qui "sape davantage la solution à deux Etats tout en constituant une violation du droit international".
L'Autorité palestinienne basée à Ramallah en Cisjordanie a "condamné fermement" ce projet et "appelé à une intervention internationale et des sanctions pour arrêter sa mise en œuvre". Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Quelque trois millions de Palestiniens y vivent, aux côtés d'environ 500 000 Israéliens installés dans des colonies, illégales au regard du droit international.
La junte malienne dénonce un plan de déstabilisation
Les autorités maliennes ont annoncé l'arrestation d'un Français soupçonné de travailler pour le "service de renseignement français" et ont accusé des "Etats étrangers" d'être derrière une tentative de "déstabilisation" des institutions.
La junte, arrivée au pouvoir après deux coups d’Etat en 2020 et 2021, a également procédé à l’arrestation d’une cinquantaine de militaires dont deux généraux, accusés de vouloir renverser les autorités en place. L'ancien Premier ministre civil, Choguel Kokalla Maïga, limogé en novembre par les militaires au pouvoir depuis 2020, a par ailleurs été placé en garde à vue.
Depuis son arrivée au pouvoir, la junte, dirigée par le président Assimi Goïta, a réduit au silence l'opposition par des mesures coercitives, des mises en cause judiciaires, la dissolution d'organisations et des restrictions à la liberté de la presse. Par ailleurs, les militaires au pouvoir se sont détournés des partenaires occidentaux, notamment l'ancien colonisateur français, pour se tourner politiquement et militairement vers la Russie.
Au Soudan, la pire épidémie de choléra depuis des années
Selon Médecins sans frontières, au moins 40 décès liés au choléra ont été enregistrés en une semaine dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan. "En plus d'une guerre généralisée, les Soudanais font actuellement face à la pire épidémie de choléra que le pays ait connue depuis des années", a souligné l'ONG.
Dans un communiqué également signé par le Japon, le Canada et le Royaume-Uni, l'Union européenne a appelé "toutes les parties" au Soudan à laisser entrer l'aide humanitaire internationale "de toute urgence".
Sans traitement, le choléra peut tuer en quelques heures. Depuis juillet 2024, environ 100 000 cas ont été recensés à travers le pays. Entrée dans sa troisième année, la guerre, qui a tué des dizaines de milliers de personnes, a provoqué ce que l'ONU décrit comme "la pire crise humanitaire au monde".
L'ONG Reporters sans frontières déclarée indésirable en Russie
Le ministère de la Justice russe a déclaré l'ONG de défense de la presse Reporters sans frontières "indésirable" dans le pays, ce qui signifie de facto son interdiction. Selon une liste officielle diffusée sur le site internet de ce ministère, RSF fait désormais partie des organisations "étrangères" dont les "activités" sont jugées "indésirables" sur le territoire.
En Russie, une telle mesure revient dans les faits à prohiber les activités de l'association concernée, car cela expose les personnes qui travaillent pour elle ou la financent à des poursuites judiciaires et des peines de prison. Depuis l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine, en février 2022, les autorités russes ont fortement accentué leur répression des voix dissidentes, emprisonnant des centaines de personnes et interdisant des dizaines d'ONG et de médias.
Sur son site internet, l'ONG déplore que "la quasi-totalité des médias indépendants" aient été interdits en Russie. La liste des organisations "indésirables" compte désormais plus de 250 noms, comme Amnesty International et Greenpeace.



