Cinq mille arrestations en une semaine, dont 85 % de mineurs. Un lycéen de quinze ans a la main arrachée, et un préfet nous rassure : ses jours ne sont pas en danger. Voilà comment la République du 6 octobre 2026 accueille sa jeunesse.
Un État, ça se retient
Main arrachée, yeux blessés, mâchoire fracturée, et une tentative de noyade que le parquet conteste : le bilan d’une semaine tient en une liste, et cette liste concerne des gamins. Il y a des casseurs et des émeutiers, je ne l’ai jamais nié. Mais face à des mineurs, la force publique n’a pas le droit de se servir d’eux comme d’un alibi. Reste le matériel : des grenades de désencerclement, des policiers sans matricule RIO lisible, un préfet qui minimise, lui qui fut directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. Quant à la phrase prêtée à Laurent Nuñez, « aucune consigne de retenue », si elle est exacte, elle ne relève plus de la bavure mais d’une doctrine. Les préfets, eux, convoquent les familles sans le moindre cadre légal : on remplace la loi par le règlement, comme sur les plateformes. Un proviseur, seul sous les mortiers, a pourtant fait reculer des élèves sans police ni LBD. Il suffisait de se montrer résolu, et de parler.
« Un État, c’est pareil, ça se retient. On ne mutile pas, on n’écorche pas, on n’enlève pas les yeux, encore plus quand il s’agit de mineurs. »
▶ 4:01 — Lycéens mutilés : le bilan d’une semaine de répression
▶ 11:01 — « Ses jours ne sont pas en danger » : la main arrachée
▶ 15:12 — CRS à la Sorbonne, proviseur sous les mortiers
▶ 19:28 — Nuñez : « aucune consigne de retenue », et Thévenot esquive
Octobre rose, régime gris
Pendant que les lycées s’embrasent, la porte-parole du gouvernement déplore les blessés sans jamais désigner la police. Le ministre de l’Éducation, lui, arbore son ruban Octobre rose, plaide la « continuité » de l’institution et ouvre un site de doléances. Je n’y vois pas de la maladresse, mais un pouvoir qui ne sait plus qu’il vit un changement de régime. Valérie Pécresse sort l’argument comptable : 1,9 milliard d’euros investis dans les lycées d’Île-de-France. Si ces problèmes étaient réglés, madame, il n’y aurait pas tout ce monde dans la rue. Et le graphique du budget par étudiant de l’enseignement supérieur, en baisse de 20 % depuis 2017, dit le reste. Pendant ce temps, la gendarmerie s’équipe d’un blindé Centaure dont la mitraillette se pilote de l’intérieur : l’argent manque pour l’amphithéâtre, jamais pour la tourelle. Ne pensez pas que c’est un échec, c’est voulu.
▶ 24:07 — Un ministre de l’Éducation en visio pendant que les lycées brûlent
▶ 49:56 — Pécresse défend son bilan sur les lycées face à Mélenchon
▶ 56:46 — Blindé Centaure et budget par étudiant en baisse de 20 %
Les porte-voix qu’on choisit pour eux
Quand les lycéens ne parlent pas assez docilement, on leur en fabrique. Tibo Inshape appelle au calme en disant « perdre ses sponsors », mais il ne prononce pas le mot « violences policières ». Cela n’a rien d’étonnant : il est payé pour promouvoir le SNU, et je le tiens pour un outil de propagande du gouvernement. Sur le plateau de Quotidien, le « porte-parole lycéen » est étudiant à Sciences Po et adhérent de Renaissance : on ne trouve pas plus authentique. Et lorsque Alexandre Benalla en personne qualifie la répression de « folie pure », le message est clair : les macronistes ne comprennent plus le pays qu’ils dirigent. Couper Internet n’a jamais éteint une révolte, ça l’a nourrie. Il aurait fallu s’en rendre compte avant de travailler pour eux.
▶ 32:19 — Tibo Inshape appelle au calme : Alexis démonte sa vidéo
▶ 39:23 — Quotidien, faux porte-parole lycéen, CRS « Mbappé » et Benalla
▶ 46:12 — Même Benalla juge la répression « folie pure »
Ne pas servir ceux qui attendent le chaos
Brûler un camion de pompiers n’a jamais fait reculer un gouvernement : cela offre un prétexte à ceux qui rêvent d’un système plus coercitif. Branco conseille aux étudiants de ne pas devenir les idiots utiles de la répression, et je le suis sans réserve. La colère ne vaut que si elle débouche sur du pouvoir rendu : démocratie directe, RIP constituant, lutte contre la corruption, voilà la matière de « Transformer la colère ». Reste un camp souverainiste éparpillé, et ce mur des 500 signatures que seule une union, comme celle que porte Philippe Murer, peut franchir.
▶ 1:06:19 — Transformer la colère : démocratie directe, union souverainiste
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Un pouvoir qui blesse des enfants puis se félicite qu’ils ne soient pas morts a déjà perdu la bataille du sens. Il reste à gagner celle de la suite.
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