L’impact grandissant du conflit au Moyen-Orient
La guerre opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël continue d'embraser le Moyen-Orient. Si des centres de pouvoir à Téhéran ont de nouveau été la cible de frappes, le Liban a également été la cible de plusieurs raids aériens israéliens. Signe des tensions, Emmanuel Macron a pris la parole dans une allocution télévisée.
“De graves conséquences pour la paix et la sécurité de tous.” Emmanuel Macron s'est exprimé pour la première fois devant les Français, mardi soir, après quatre jours de guerre. Le chef de l'Etat français a affirmé que l'Iran portait la “responsabilité première”. Mais il a évoqué une offensive israélo-américaine “en dehors du droit international”.
Le président de la République a par ailleurs annoncé des renforts militaires. “J'ai donné l'ordre au porte-avions Charles-de-Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée”, a-t-il affirmé. Il a aussi confirmé l'envoi à Chypre de la frégate Languedoc, à la suite de la frappe qui a touché une base britannique à Chypre.
Israël a annoncé que ses soldats prenaient le contrôle de “nouvelles positions” dans le sud du Liban, afin d’y créer une “zone tampon” entre le Hezbollah et sa population dans les zones frontalières visées par des tirs du mouvement libanais pro-iranien.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a précisé que son gouvernement a autorisé l’armée “à avancer et prendre le contrôle de positions stratégiques supplémentaires au Liban, afin d’empêcher les attaques sur les localités israéliennes frontalières”. L’armée a toutefois nié avoir lancé une opération terrestre.
Le Liban continue d'être soumis à d'intenses bombardements en riposte à des attaques du Hezbollah. L'ONU avance le chiffre d’au moins 30 000 déplacés.
Depuis la Maison Blanche, Donald Trump a livré une nouvelle version des motifs de l’attaque israélo-américaine qui a déclenché une guerre au Moyen-Orient. “Compte tenu de la tournure des négociations, je pense qu’ils allaient attaquer en premier. Et je ne voulais pas que ça arrive. Alors j’ai peut-être forcé la main d’Israël.”
Le président américain a ajouté que le “pire scénario” à ses yeux serait l'arrivée d'un dirigeant “aussi mauvais” qu'Ali Khamenei. D'après l'agence de presse iranienne Tasnim, des frappes israélo-américaines ont visé l'institution chargée d'élire son successeur, à Qom, au sud de Téhéran.
L’ayatollah Ali Khamenei sera inhumé dans sa ville natale de Machhad située dans le nord-est de l’Iran. Avant son inhumation, une “grande cérémonie d’adieu” sera organisée à Téhéran, ont précisé les Gardiens de la Révolution sur leur compte Telegram, sans dévoiler les détails ni la date de ce rassemblement populaire.
Une attaque de drone a provoqué un incendie à proximité du consulat américain de Dubaï, qui a été maîtrisé. Tout le personnel du consulat américain à Dubaï est “sain et sauf”, a affirmé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Au même moment, un missile balistique iranien a frappé la base américaine d'Al-Udeid au Qatar “sans faire de blessés”, annonce le ministère de la Défense qatari. Un second missile a été “intercepté”, ont précisé les autorités, qui appellent les résidents et visiteurs à “rester rassurés”.
Encore plus tôt, c’est l’ambassade américaine à Riyad, en Arabie saoudite, qui a été la cible d’une attaque de drones. La représentation diplomatique “a été attaquée par deux drones, provoquant un incendie limité et des dégâts matériels mineurs au bâtiment”, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense saoudien.
L’Arabie saoudite a condamné l’attaque iranienne en la qualifiant de “lâche et d’injustifiée”. Interrogé par la chaîne News Nation sur la riposte prévue, Donald Trump a simplement déclaré : “Vous le découvrirez bientôt”.
Comment la guerre au Moyen-Orient bouscule l’économie mondiale
La guerre, qui a débuté samedi 28 février par des frappes israélo-américaines massives en Iran suivi par la riposte de Téhéran, fait d'abord redouter une hausse des prix du pétrole et du gaz, que les pays de la région produisent massivement. Elle menace aussi le commerce mondial – de nombreux navires commerciaux sont à l'arrêt – et le tourisme international.
Une grande partie des enjeux économiques mondiaux se jouent au niveau du détroit d'Ormuz, un chenal maritime de 40 km de large à l'endroit le plus resserré entre l'Iran et la pointe du golfe Persique. Le trafic de cette route maritime stratégique est désormais à l'arrêt. Essentielle pour les pays du golfe (Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis...), cette voie permet de relier les pétromonarchies à l'océan Indien, et d'acheminer ses matières premières à travers le monde : un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié y transitent.
Les conséquences de la guerre naissante, encore difficiles à évaluer, diffèrent selon les pays. Si les Etats membres de l’Union européenne se fournissent ailleurs en pétrole et en gaz naturel liquéfié, les grandes puissances asiatiques s’approvisionnent plutôt auprès des pays du Golfe.
L’incertitude actuelle se ressent pourtant déjà sur les prix. Le baril de Brent, la référence mondiale, a dépassé lundi les 80 dollars, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Selon certains analystes, il pourrait même finir par dépasser les 100 dollars. Le prix du gaz européen a lui aussi bondi, atteignant 59,950 euros le mégawattheure.
De l’Europe à l’Asie en passant par l’Amérique, les marchés financiers ont nettement reculé. Cette baisse, conséquence de l’envolée des prix du gaz et du pétrole, s’est traduite par des réactions diverses des devises et des valeurs refuges. L’euro, la livre ou encore le franc suisse ont perdu du terrain par rapport au dollar. L’or et l’argent font également grise mine. En revanche, les actions des entreprises de défense (Thalès, Dassault Aviation) et les majors du pétrole comme Total Energies ont augmenté.
Le blocage du détroit d’Ormuz perturbe la navigation de nombreux navires dans la zone. Les plus grands armateurs mondiaux – le groupe italo-suisse MSC, le danois Maersk, le français CMA CGM, l’allemand Hapag Lloyd et le chinois Cosco – ont ordonné à leurs bateaux de se mettre à l’abri, alors que le trafic maritime est à l’arrêt.
Ce blocage du détroit va contraindre les bateaux, qui ne passent plus par la mer Rouge et le canal de Suez en raison des craintes liées à la reprise d’attaques des rebelles houthis, alliés de l’Iran au Yémen, à changer d’itinéraire. Le président d’Armateurs de France, Edouard Louis-Dreyfus, a évoqué un passage par le cap de Bonne-Espérance, au bout de l’Afrique du Sud, pour la liaison Europe-Asie. Ce détour de plusieurs milliers de kilomètres va mécaniquement entraîner une augmentation des prix du fret. Plusieurs plateformes d’e-commerce ont par ailleurs prévenu leurs clients que les temps de livraison allaient se rallonger, de quelques jours chez Temu et Shein à une dizaine chez Amazon.
Plusieurs milliers de vols ont été annulés au Moyen-Orient, certains espaces aériens ayant été fermés, tout comme des aéroports de la région. La reprise très progressive du trafic aérien des aéroports de Doha (Qatar), Dubaï et Abou Dabi (Emirats arabes unis), devenus des hubs de correspondance très fréquentés, a bloqué des milliers de personnes. Si les hostilités continuent, les compagnies aériennes devront également contourner la zone, comme elles le font actuellement en Ukraine.
Les chiffres à retenir des candidatures aux élections municipales
Le ministère de l'Intérieur a publié la liste définitive des candidats en lice les 15 et 22 mars. Un peu plus de 900 000 candidatures, réparties dans plus de 50 000 listes, ont été déposées selon les chiffres du ministère.
La nouvelle loi instaurant des listes paritaires dans les communes de moins de 1 000 habitants avait suscité l’inquiétude quant au risque de ne pas parvenir à trouver suffisamment de volontaires. Finalement, seules 68 communes se retrouvent sans candidat lors de ces municipales. Ce nombre est en recul par rapport aux 106 communes concernées lors du scrutin de 2020, marqué par la pandémie de Covid-19.
Les villes sans candidat ont toutes moins de 1 500 habitants et sont réparties dans l’ensemble de la France. Avec cinq communes concernées chacun, les départements du Doubs et de la Haute-Saône sont les territoires qui décomptent le plus de villes privées de candidats. Dans ces localités, la loi prévoit la nomination par le préfet de trois administrateurs provisoires pour gérer les affaires courantes et organiser un nouveau scrutin.
Sur les 34 904 communes françaises, 23 679 ne connaîtront pas de suspense lors du scrutin le 15 mars, puisqu’une seule liste est soumise au suffrage des administrés. Pour la plupart, les communes touchées sont peu peuplées : 71% d’entre elles comptent moins de 1 000 habitants.
Depuis 2008, davantage de villes plus peuplées sont aussi concernées. 185 communes de plus de 3 500 habitants comptaient qu’une seule liste candidate en 2008, contre 434 en 2020. En 2026, ce chiffre a plus que quadruplé en 2026 et s’établit à 2 113 communes concernées.
Les listes de gauche déposées dans les villes de plus de 3 500 habitants sont légèrement plus nombreuses que celles de droite. Le bloc d’extrême gauche, presque à égalité avec celui d’extrême droite, est gonflé cette année par les 243 listes déposées par La France insoumise, désormais incluse dans ce bloc depuis une décision du ministère de l’Intérieur confirmée par le Conseil d’État.
En 2025, la loi a étendu aux communes de moins de 1 000 habitants la parité obligatoire dans la composition des listes. Mais les personnes désignées à leur tête, qui prétendent le plus souvent à la fonction de maire, sont encore majoritairement des hommes. En 2026, seuls 24,5% des candidats à cette position sont des femmes.
Le Parti socialiste dénonce les propos antisémites de Jean-Luc Mélenchon
Réuni en bureau national, le Parti socialiste a voté à l’unanimité une résolution pour condamner publiquement “les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables” de Jean-Luc Mélenchon.
“Il n’y a pas eu d’accord national entre le Parti socialiste et La France insoumise pour les élections municipales et il ne saurait y en avoir au second tour compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement”, affirme la résolution du PS qui appelle les militants insoumis à se “désolidariser clairement et pleinement” des propos de leur chef de file.
Le PS déplore que les campagnes municipales aient été “percutées par les propos de Jean-Luc Mélenchon”, qui “en cherchant à conflictualiser chaque événement, en multipliant les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables, a profondément et volontairement divisé la gauche et contribué à l'affaiblir”. Le leader insoumis “n'a abouti qu'à fracturer les électeurs de gauche et à renforcer les passerelles entre droite et extrême droite”, ajoute le parti à la rose.
Dans sa résolution, le PS ajoute que “l’absence de désolidarisation de La France insoumise avec La Jeune Garde”, soupçonnée d’être impliquée dans la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, “est inacceptable”. “Si l’extrême droite est la principale responsable des violences politiques dans notre pays, il nous faut être intraitables vis-à-vis de celles qui se déploient dans les rangs de l’ultragauche”, continue le PS.
Le parti d’Olivier Faure précise qu‘”au second tour, si le risque de victoire du Rassemblement national existe, une règle s’impose : celle du désistement républicain”. Plusieurs personnalités socialistes, comme l’ex-président François Hollande, la présidente d’Occitanie Carole Delga ou le député Jérôme Guedj ont réclamé une rupture totale avec LFI.



