Les violences de la mobilisation du 17 octobre vues de l’étranger
Les violences survenues samedi 17 octobre suscitent de nombreuses réactions dans le monde. Le vice-président américain tient l’immigration responsable de ces violences. Sur X, JD. Vance poste une vidéo de la mairie de Limoges ravagée par les flammes avec ce commentaire : “Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France au nom de la diversité et de la compassion.”
La France a connu une journée de “chaos”, résume pour sa part le Wall Street Journal. Le quotidien prévient qu’à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’électorat français se polarise de plus en plus face à l’ampleur des manifestations. “La principale bénéficiaire de cette polarisation semble être la candidate d’extrême droite Marine Le Pen”, écrit le journal américain.
“La colère de la jeunesse et les gilets jaunes mettent le feu à la France”, titre le journal espagnol El País, qui a choisi une photo d’un jeune cagoulé faisant un doigt d’honneur devant une voiture incendiée, place de la République. “Le second mandat du président, déconnecté de la société, a encore six longs mois devant lui, durant lesquels le pays doit trouver des réponses à la montée irrésistible de l’extrême droite”, écrit le correspondant d’El País à Paris.
Au Royaume Uni, le Guardian évoque les pires manifestations que la France ait connues depuis des années, mais souligne que des groupes violents se sont joint au mouvement, ce qui a rendu la situation incontrôlable selon le journal britannique.
La photo de l’hôtel de ville de Limoges en flammes apparait à la une du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine, qui évoque sobrement de “graves émeutes” mais lance un avertissement dans un édito : “La colère est devenue l’état émotionnel par défaut de notre société. Il es temps de trouver un remède.”
Les émeutes en France passent au second plan dans la presse italienne. La Stampa met en avant les violences qui se produites samedi lors de manifestations contre la vie chère à Rome, Milan, Turin ou Bologne. Le Corriere della Sera fait le parallèle avec les événements dans l'hexagone. “Comme en France”, écrit un journaliste pour décrire des scènes de guérilla devant la cathédrale de Milan.
Après une prise de parole sans aucun contenu du président de la République, Emmanuel Macron, ce dernier a refusé la démission de son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Commission d’enquête sur les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre
“A la suite des violences d’une extrême gravité survenues lors des manifestations du samedi 17 octobre dans plusieurs villes de France”, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, va proposer la création d’une commission d’enquête pour “faire toute la lumière sur les scènes de chaos et de pillages auxquelles nous avons assisté et sur leurs responsables”.
“La représentation nationale doit exercer pleinement son rôle de contrôle, comprendre le déroulement des évènements, l’organisation et les méthodes d’action des auteurs de ces violences”, explique Yaël Braun-Pivet.
Alexis Corbière en appelait justement à la présidente de l’Assemblée nationale. “On voit des choses depuis hier soir qu’on n’a jamais vues, c’est inédit. Eh bien à moment inédit, mesure inédite”, a expliqué le député Ecologiste et Social de Seine-Saint-Denis. “Toutes forces politiques confondues, on doit pouvoir entendre les acteurs et comprendre”.
Des critiques de la classe politique s’intensifient sur le fait que les policiers et gendarmes ont été dépassés par l’ampleur des dégradations dans de nombreuses villes. “Il y a eu clairement un manque de moyens sur la capitale”, a par exemple déploré Lamia El Aaraje, première adjointe au maire de Paris. “A l’évidence, oui, les forces de l’ordre ont été débordées, notamment à certains endroits”.
Des colons israéliens attaquent un convoi diplomatique européen et violentent un maire français
Des colons israéliens ont attaqué un convoi de diplomates européens qui effectuaient une visite en Cisjordanie occupée, rouant de coups un maire français, Bernard Baudoux, dans un contexte d’intensification des violences contre la récolte palestinienne des olives. Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a “condamné fermement ces graves actes de violence”, les imputant à des “émeutiers israéliens”, tout en reprochant également aux consulats européens concernés de ne pas avoir coordonné la visite avec l’armée israélienne.
Des voitures des missions française, belge et polonaise avaient amené des diplomates à Taybeh, un village majoritairement chrétien de Cisjordanie, lorsque des colons ont lancé un raid pour empêcher des agriculteurs palestiniens de ramasser les olives. Ils ont proféré des déclarations agressives à l’encontre des diplomates avant de donner des coups de pied à Bernard Baudoux, 78 ans, maire communiste d’Aulnoye-Aymeries (Nord). “Je pense que si les colons agissent comme ça, il y a une tolérance du gouvernement israélien”, a affirmé ce dernier.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères “condamne fermement l'agression par des colons violents du maire d'Aulnoye-Aymeries”. “Les représentants de plusieurs missions diplomatiques, dont le Consul général de France à Jérusalem et ses homologues belge et polonais, ont également été ciblés et pris à partie lors de cette attaque. La France leur exprime son soutien et sa solidarité et réaffirme son attachement indéfectible à leur mission”, peut-on lire.
“Au-delà, les autorités israéliennes doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser ces actes de terreur et pour garantir la sécurité des populations civiles et des missions diplomatiques, comme elles en ont l’obligation en vertu du droit international”, indique aussi le communiqué.
La Belgique, dont le consul général se trouvait sur place, a condamné “avec la plus grande fermeté” cette attaque “perpetrée par des colons masqués”, par la voix de son chef de la diplomatie. La police israélienne a annoncé avoir ouvert une enquête et dit s’efforcer de “localiser les victimes, recueillir des témoignages et identifier les suspects, afin de les traduire en justice”.
La veille, la photojournaliste américaine Heidi Levine avait été blessée par des colons israéliens qui l’ont rouée de coups alors qu’elle couvrait des violences contre des agriculteurs palestiniens en Cisjordanie occupée. “Soudain, j’ai vu plus de 50 hommes masqués” et armés de bâtons et de barres de fer, a-t-elle raconté à des journalistes, depuis un hôpital à Ramallah où elle a été transportée.
En Ukraine, des habitants de Kiev réclament la démission du maire
À Kiev, en Ukraine, la colère gronde contre le maire Vitali Klitschko. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés pour réclamer la démission de l'élu jugé responsable de la mauvaise préparation de la ville face à l'hiver. Alors que les bombardements russes sont de plus en plus intenses, le manque d'abris, les coupures incessantes d'électricité ou les problèmes de chauffage auraient pu être mieux anticipés selon certains habitants.
Rassemblés sous les fenêtres de la mairie de Kiev, les manifestants, souvent très jeunes, rivalisent de slogans moqueurs pour exiger la démission de Vitali Klitschko. Organisatrice de la mobilisation, Oulyana est exaspérée par “la gestion totalement irresponsable de Vitali Klitschko”. Elle précise que ce dernier leur a même “demandé de quitter la ville parce que l'hiver serait trop dur”.
Cette invitation au départ est très mal passée auprès des habitants qui y voient l’aveu d’un manque d’anticipation des autorités municipales. Les pannes de courant ou les coupures d’eau, déjà incessantes, laissent craindre le pire. La colère est par ailleurs nourrie par les soupçons de corruption qui entourent la gestion municipale de Vitali Klitschko.
Deux pétroliers ont pris feu après avoir heurté des mines dans le détroit d’Ormuz
La situation dans le détroit d’Ormuz continue d’être tendue. Les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l’Iran, ont affirmé que deux pétroliers avaient pris feu après avoir heurté des mines. L’Iran revendique le contrôle de cette stratégique voie maritime, par où transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant la guerre déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran. Et il prend régulièrement pour cible des navires qui s’y aventurent sans son autorisation.
Alors que les pétroliers étaient de plus en plus nombreux à le franchir pour sortir du Golfe sous escorte américaine, les attaques ont repris avec force ces derniers jours, la République islamique voulant démontrer que sa capacité à perturber le trafic reste intacte.
“Un superpétrolier en infraction transportant plus de deux millions de barils de pétrole brut, tentant de franchir illégalement le détroit d’Ormuz, a heurté une mine, provoquant une explosion et un violent incendie”, ont d’abord annoncé les Gardiens dans un communiqué, sans préciser l’endroit exact où les faits se sont produits. Plus tard, ils ont annoncé “qu’un deuxième superpétrolier contrevenant avait été ravagé par un violent incendie après avoir heurté une mine”, ajoutant qu’il transportait également plus de deux millions de barils de brut.




