Nicolas Sarkozy libéré et placé sous contrôle judiciaire après vingt jours de détention
Presque trois semaines après son entrée à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy va être libéré. L’ancien président de la République, condamné pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, va néanmoins être soumis à un contrôle judiciaire, et aura interdiction de quitter le territoire français. La justice interdit, par ailleurs, à l’ex-chef de l’Etat d’entrer en contact avec le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, ainsi qu’avec d’autres témoins de l’affaire du financement libyen.
Les extractions de détenus n’étant pas prévues pour les demandes de remise en liberté, Nicolas Sarkozy a donc été entendu en visioconférence. “Je souhaite que la cour soit convaincue d’une chose. Je n’ai jamais eu l’intention, l’idée folle, de demander à Kadhafi un quelconque financement. Jamais je n’avouerai quelque chose que je n’ai pas fait”, a-t-il déclaré. Ses fils Jean et Pierre, ainsi que sa compagne Carla Bruni, étaient présents dans la salle d’audience.
Parmi les trois personnes condamnées avec mandat de dépôt le 25 septembre, la cour d’appel a déjà autorisé la remise en liberté sous contrôle judiciaire de l’ex-banquier Wahib Nacer. En revanche, elle a maintenu en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri, la cour estimant qu’il existait un risque de fuite de l’homme d’affaires franco-algérien de 66 ans, qui “dispose de facilités pour décider d’un départ du territoire national”.
Les enjeux du sommet climatique à Belém
Depuis la COP21, à Paris en 2015, les 198 pays qui participent à la Conférence des parties doivent mettre sur la table, tous les cinq ans, leurs plans nationaux pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette feuille de route climatique, appelée “contribution déterminée au niveau national” (CDN ou NDC en anglais), détaille les mesures que les Etats entendent appliquer pour garder le réchauffement climatique sous la barre de +1,5°C d’ici 2100.
De nombreux scientifiques estiment que l’objectif des +1,5°C est déjà hors d’atteinte. Il se trouve “sur le point de s’effondrer”, a même prévenu Antonio Guterres. Les feuilles de route proposées, qui ont tardé à être publiées, sont loin d’être à la hauteur des efforts attendus pour combler le retard. Seules celles de la Norvège et du Royaume-Uni sont jugés compatibles avec la trajectoire définie par l’accord de Paris.
L’heure n’est plus à définir de nouveaux objectifs, mais à atteindre ceux déjà fixés, a résumé Laurent Fabius, président de la COP21 et architecte de l’accord de Paris.
En 2024, lors de la COP29, en Azebaïdjan, il a été décidé que 23 pays développés et l’Union européenne – désignés en 1992 comme responsables historiques du changement climatique – devront fournir “au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035” pour aider les pays du Sud. Les pays émergents réclament par ailleurs 1 300 milliards de dollars par an pour transitionner vers une société neutre en carbone.
Si le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, commence à être bien connu, le méthane, dont le pouvoir de réchauffement sur 100 ans est pourtant environ 30 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, est beaucoup moins médiatisé. Le méthane lié aux activités humaines provient de pratiques agricoles intensives ou encore du traitement des déchets. Les industries pétrolières et gazières sont les principaux producteurs de méthane.
Lors de la COP26 à Glasgow en 2021, une centaine d’Etats se sont engagés à réduite leurs émissions de méthane. Les émissions françaises de méthane ont déjà baissé de 26% entre 1990 et 2023 grâce à la fin de l’exploitation des gisements de charbon et à la diminution du nombre de bovins. Mais rien ne dit qu’un compromis sur des mesures concrètes verra le jour lors de la COP30.
L’Assemblée fixe une durée maximum aux arrêts de travail
Dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, l’Assemblée nationale a approuvé la limitation de la durée des arrêts de travail : un mois maximum pour une première prescription, et deux mois maximum pour un renouvellement. Les médecins pourront toutefois déroger au plafond prévu “au regard de la situation du patient”.
Le gouvernement avait initialement souhaité pouvoir fixer cette limite par décret, à quinze jours pour un premier arrêt de travail prescrit par un médecin de ville, et trente jours à l’hôpital. Mais un amendement socialiste a été adopté, pour que la durée soit d’un mois dans les deux cas, et que cette durée soit inscrite dans la loi et non laissée à la main de l’exécutif.
Pour justifier cette mesure, l’exécutif pointe notamment la croissance des dépenses d’indemnités journalières qui auraient augmenté de 6% par an depuis 5 ans. Aucune durée maximale d’arrêt maladie n’est prévue mais des recommandations associées à des durées indicatives existent pour certaines pathologies. Les assurés sont par ailleurs soumis à un plafond de 360 jours d’indemnités journalières sur trois ans.
L’Assemblée veut taxer les boissons énergisantes alcoolisées
L’Assemblée nationale a adopté une taxe sur les boissons énergétiques alcoolisées. La mesure a été adoptée par amendement dans le cadre des débats sur le projet de budget de la Sécurité sociale. Les députés entendent réagir à l’apparition de nouveaux produits qui mélangent alcool, excitants et ingrédients sucrés ou aromatisés.
Parmi les boissons énergisantes alcoolisées ciblées par les députés, on retrouve le Vody, un mélange de vodka et de boisson énergisante produit par l’entreprise Cody’s Drinks. Sa teneur en alcool est située entre 18 et 22% pour une canette de 25 centilitres. A titre de comparaison, les concurrents sur les marchés se situent plutôt autour de 5 à 7% d’alcool. Le tout mélangé à de la taurine, du sucre, de la caféine, ainsi que différents arômes, et vendu pour 3,50 euros. Le sucre, qui masque le goût de l’alcool, facilite ainsi une surconsommation du produit dans un phénomène de “binge-drinking”.
L’étiquetage de certaines boissons est également problématique pour la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. La mention “Energy Drink” (“boisson énergétique”) présente sur les canettes pour des produits dépassant le seuil des 15% d’alcool devrait être remplacée par la mention “boisson spiritueuse”.
L’amendement adopté par les députés vise à élargir le périmètre d’une taxe sur les “prémix”, les mélanges d’alcool et de boissons non alcoolisées sucrées, perçue au profit de la Caisse nationale de l’assurance maladie. Le texte étend cette taxe aux boissons alcoolisées “comportant une adjonction de substances actives ayant un effet stimulant sur le corps, notamment la caféine, la taurine ou la guaranine”.
Démission du directeur général de la BBC
“Des erreurs ont été commises, et en tant que directeur général, je dois en assumer l’entière responsabilité” a déclaré Tim Davie, lors de l’annonce de sa démission. Cette décision intervient après que le grand média britannique a été accusé d’avoir présenté de manière trompeuse des propos de Donald Trump dans un documentaire diffusé en octobre 2024.
Dans son magazine d’information phare, “Panorama”, deux phrases de Donald Trump avaient été mises bout à bout “pour donner l’impression qu’il encourageait explicitement les émeutes du Capitole, à Washington, le 6 janvier 2021”.
En plus de Tim Davies, la patronne de l’information du groupe audiovisuel public britannique Deborah Turness a également remis sa démission.
Donald Trump n’a pas manqué de réagir à ces deux démissions. “Les plus hauts responsables de la BBC, y compris TIM DAVIE, le patron, démissionnent tous/sont virés, car ils ont été pris en flagrant délit de trafiquage de mon excellent (PARFAIT !) discours du 6 janvier”, a-t-il écrit dans un message publié sur sa plateforme Truth Social.
Le président du groupe public, Samir Shah, est appelé à s’expliquer sur cette affaire devant une commission parlementaire.
Le Collège de France annule un colloque controversé sur la Palestine
L’établissement d’enseignement et de recherche a annoncé l’annulation d’un colloque sur la Palestine qui devait se tenir les 13 et 14 novembre. L’événement, intitulé “La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines” et organisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris, avait été qualifié d’événement “propalestinien” par plusieurs personnalités.
“En réaction à la polémique entourant la tenue” de l’événement, l’administrateur du Collège de France affirme être “dans l’obligation en tant que chef d’établissement, responsable de la sécurité des biens et des personnes ainsi que de la sérénité des événements tenus dans l’enceinte du Collège de France, d’annuler la manifestation”. Le Collège de France “ne prône, ni n’encourage, ni ne soutient aucune forme de militantisme”, assure l’administrateur, Thomas Römer.
Dans une réaction sur X, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a qualifié cette annulation de “responsable”. Dans un article publié au sujet du colloque, qui devait réunir des universitaires et des personnalités telles que Dominique de Villepin et Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens, Le Point avait évoqué un “entre-soi propalestinien”. Le magazine avait également pointé la co-organisation du colloque par le Carep, accusé d’entretenir des liens avec le Qatar.



