Le gouvernement prépare son passage en force sur le budget 2026
Jugeant impossible le vote d’un texte à l’Assemblée nationale, le gouvernement a annulé les débats prévus vendredi 16 janvier et lundi 19 janvier et renvoyé les discussions à mardi 20 janvier. Le Premier ministre Sébastien Lecornu espère d'ici-là dégager les conditions d'une non-censure avant d'emprunter la voie d'un 49.3 ou de l’ordonnance.
Après que Matignon a accusé La France insoumise et le Rassemblement national de “sabotage continu” et jugé “impossible l’adoption d’un budget par un vote”, Laurent Panifous a expliqué que Sébastien Lecornu doit annoncer des mesures pour faire évoluer le texte initial proposé par le gouvernement, pour tenter de dessiner un “compromis” de non censure, avec le Parti socialiste et les indépendants de Liot.
Si les débats sont théoriquement censés reprendre mardi après-midi, le Premier ministre devrait avoir d’ici là choisi de recourir soit à l’article 49.3 de la Constitution, soit à une ordonnance budgétaire.
Un recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois, s’exposant à chaque fois à une censure qui renverrait le texte dans la navette parlementaire.
L’ordonnance budgétaire, c’est-à-dire la traduction du budget dans un texte qui n’a pas besoin de passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent lourd de conséquences pour les débats budgétaires des années suivantes.
Les menaces de Donald Trump sur le Groenland mettent en péril l’Otan
Pour justifier ses convoitises, Donald Trump répète que les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine dans l'océan Arctique. En réponse, plusieurs pays européens, dont la France et le Danemark, ont envoyé des troupes sur l'île septentrionale, dans le cadre d’une opération baptisée “Artic Endurance”.
Rien, dans le traité fondateur de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord de 1949 ne prévoit le cas d'un pays membre qui en attaquerait un autre. L’attaque du Danemark par les Etats-Unis signerait tout simplement la fin de l’Otan.
La “mort cérébrale” de l’Otan, annoncée par le passé par Emmanuel Macron, aurait des conséquences importantes pour les pays d’Europe, qui ont imbriqué leur architecture de sécurité avec celle des Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale et se retrouveraient vulnérables sans l'aide militaire de Washington, qui dispose de nombreuses bases militaires sur le Vieux Continent.
Les pays européens ont d'ores et déjà commencé à dépenser plus pi-our leur défense ces dernières années, s'engageant à atteindre 5% de leur PIB, face à un Donald Trump insistant. Plusieurs pays, comme l'Allemagne, ont aussi revu leur doctrine militaire dans la foulée de l'invasion russe en Ukraine. Même l'Union européenne, dont les questions militaires ne sont pas la spécialité, a lancé plusieurs initiatives, dont une concernant l’achat en commun d’armement.
La Maison Blanche face à la crise iranienne
La porte-parole de la Maison Blanche a assuré que l'Iran avait renoncé à 800 exécutions de manifestants initialement prévues et affirmé que toutes les options restaient sur la table côté américain. Karoline Leavitt a ajouté que Donald Trump avait averti Téhéran de “sérieuses conséquences” si la répression sanglante des manifestations continuait. Elle a aussi confirmé que le président des Etats-Unis avait eu une conversation avec Benyamin Nétanyahou qui lui a demandé de ne pas intervenir militairement en Iran.
Washington va sanctionner plusieurs responsables sécuritaires iraniens accusés d'orchestrer la répression des manifestants. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran, Ali Larijani, et des responsables régionaux sont particulièrement visés.
Ankara a repris son rôle de médiateur pour tenter d'éviter une escalade de violences en Iran. “Nous poursuivrons nos efforts diplomatiques. Nous espérons que les Etats-Unis et l'Iran régleront cette question entre eux”, a affirmé Hakan Fidan, le ministre des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse.
Maria Corina Machado a offert son prix Nobel à Donald Trump
L’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado a “offert” à Donald Trump la médaille de son prix Nobel de la paix lors de leur rencontre à la Maison Blanche. Le président américain a salué un “geste magnifique”. Le Nobel Peace Center, musée situé à Oslo, a opportunément souligné sur X jeudi que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l’entendaient de la médaille dorée associée à la distinction. Mais il a ajouté : “Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat”.
Pour expliquer son geste, Maria Corina Machado a fait une comparaison avec le marquis de Lafayette, l’officier français qui a aidé les Etats-Unis pendant la guerre d’indépendance contre la Grande-Bretagne, en disant qu’il avait remis une médaille à l’effigie du premier président américain, George Washington, à Simon Bolivar.
Peu après la capture de Nicolas Maduro, désormais détenu aux Etats-Unis, le président américain avait estimé que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n’était pas qualifiée pour diriger le pays.
La France épinglée par la Cour européenne des droits de l’homme
Un homme de 42 ans a fait condamner la France par la Cour européenne des droits de l'homme pour ses conditions de détention à la maison d'arrêt de Strasbourg. Cette prison, “en situation de surpopulation” et “propice à la prolifération des animaux nuisibles”, n'offrait pas, “à l'époque de la détention du requérant”, des conditions de détention “décentes”, ce qui était assimilable à un “traitement inhumain et dégradant”, a tranché la CEDH. Les autorités françaises devront verser 7 400 euros au détenu à titre de dédommagement moral.
C'est la neuvième fois depuis 2013 que la France est condamnée par la CEDH pour les conditions de vie dans ses prisons. En s’appuyant notamment sur plusieurs rapports du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, la Cour a souligné la vétusté de la prison, la présence de rongeurs et cafards, les douches “parfois glaciales” et les toilettes installées “à proximité immédiate des lits et des lieux de repas”, si bien que les détenus n’y disposent d’aucune intimité.



