Annonce et démission du gouvernement Lecornu
Le secrétaire général de l’Elysée a dévoilé, dimanche 5 octobre, la composition du gouvernement de Sébastien Lecornu. Douze ministres avaient été reconduits dans leurs fonctions à l’image de Bruno Retailleau à l’Intérieur, Gérald Darmanin à la Justice, Élisabeth Borne à l’Éducation nationale, Catherine Vautrin au Travail et à la Santé, Manuel Valls aux Outre-mer, Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères.
Du côté des nouveautés, le revenant Bruno Le Maire héritait du ministère des Armées et Éric Woerth, récemment blanchi dans l’affaire du financement illégal de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, était nommé à l’Aménagement du Territoire.
Il appartenait au macroniste Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances et à Amélie de Montchalin, aux Comptes publics, de relever le défi du budget 2026. Aurore Bergé fut une éphémère porte-parole du gouvernement tout comme Mathieu Lefèvre furtivement en charge des relations avec le Parlement.
Mais au lendemain de l’annonce de la composition de son gouvernement, Sébastien Lecornu démissionne, devant l’ire des oppositions et du mal nommé socle commun qui a passé la soirée à se déchirer.
“Le gouvernement annoncé ce soir, composé des derniers macronistes agrippés au radeau de la Méduse, a décidément tout de la continuité, absolument rien de la rupture que les Français attendent”, a réagi Jordan Bardella, sur X. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, dénonce des “macronistes qui s’accrochent au pouvoir”, des “sortants qui ont tout raté et qui reviennent par la fenêtre”, des “combinards de LR qui font monter les enchères pour avoir plus de postes”.
La nomination de Bruno Le Maire au ministère des Armées concentre toutes les attaques. Ministre de l’Économie d’Emmanuel Macron de mai 2017 à septembre 2024, figure du “quoiqu’il en coûte” et du dérapage budgétaire de l’État, il avait pourtant déclaré que son retour était “totalement exclu”, dans une interview à L’Usine nouvelle, le 22 septembre.
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure voit dans cette séquence une “véritable provocation” tandis que Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, reconduit au ministère de l’Intérieur, critique “la composition du gouvernement [qui] ne reflète pas la rupture promise” et convoque un comité stratégique de son parti.
David Lisnard, maire de Cannes et vice-président de LR, laisse entendre qu’il quittera le parti en cas de participation de LR au gouvernement. La ministre de la Culture, Rachida Dati, est une des rares figures du parti de droite à plaider pour le soutien au gouvernement. L’Union des Démocrates et Indépendants se désolidarise du socle commun.
Même au sein de son propre parti, Sébastien Lecornu n’est pas épargné. “Ce soir, le spectacle envoyé par l’ensemble de la classe politique est affligeant”, écrit le président du parti Renaissance dans un message diffusé sur Telegram.
Pour Sébastien Lecornu, “on ne peut pas être Premier ministre lorsque les conditions ne sont pas remplies”. Selon lui, la composition du gouvernement a réveillé “des intérêts partisans”. Il enterre ainsi le gouvernement le plus bref de la Ve République, qui aura duré à peine plus d’une douzaine d’heures. Sa chute plonge la France dans une crise politique sans précédent.
Des avocats dénoncent l’inaction de Paris concernant la flottille pour Gaza
“Nous sommes sans aucune nouvelle, ni aucun lien avec ces 35 ressortissants”, a déclaré lors d’une conférence de presse Anouck Michelin, qui défend les 35 membres français de la Global Sumud Flotilla avec Raphaël Kempf, Romain Ruiz et Chirinne Ardakani. Ces avocats ont annoncé vouloir porter plainte pour “détention arbitraire” et ont dénoncé l’inaction des autorités françaises.
Selon Anouck Ardakani, les membres de la flottille “avaient un objectif parfaitement licite, légal et pacifique d’acheminer des vivres et médicaments à la population gazaouie dans un contexte génocidaire”.
Le porte-parole du Quai d’Orsay a affirmé que la “protection consulaire a commencé avec les premières visites opérées par le consul général et par l’ambassadeur de France auprès de nos ressortissants”, précisant que les personnes arrêtées avaient été transférées dans la prison de Ktziot depuis le port d’Ashdod. Le ministère des Affaires étrangères justifie l’absence de contact avec les avocats par le fait que la “priorité” des autorités consulaires françaises est d’être “en contact avec les ressortissants et leurs familles”.
Mort du photojournaliste Antoni Lallican en Ukraine
Le Parquet national antiterroriste a annoncé avoir ouvert une enquête pour “crime de guerre” après la mort du photojournaliste français Antoni Lallican, tué dans une attaque de drone en Ukraine. Les investigations sont confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine. Le photographe de guerre de 37 ans a péri, vendredi matin, dans une attaque de drones dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, au cours de laquelle un journaliste ukrainien, Georguiï Ivantchenko, a été blessé.
En mai 2023, le Pnat avait aussi ouvert une enquête pour crime de guerre après la mort en Ukraine du journaliste de l’AFP Arman Soldin. Il s’agissait alors de la septième enquête ouverte par le Pnat pour de possibles crimes de guerre commis à l’encontre de Français depuis le début du conflit, essentiellement en février et mars 2022.
Les notes de frais des élus parisiens
La Ville de Paris a rendu publics des milliers de justificatifs des maires d’arrondissement relatifs aux frais de représentation. Les frais de représentation sont encadrés depuis l’élection de Bertrand Delanoë en 2001 et sont aujourd’hui plafonnés à 19 720 euros par an pour la maire de Paris et à 11 092 euros pour les maires d’arrondissement.
Pourtant, de nombreuses dépenses posent problème. C’est le cas des lampes antiodeurs de tabac, achetées la femme de Francis Szpiner, maire Les Républicains du 16e arrondissement, ou des bols à prénom acquis à Cherbourg par la maire écologiste du 12e arrondissement, Emmanuelle Pierre-Marie. Encore plus loin de la capitale, le maire Les Républicains du 6e arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, a réalisé des notes de frais pour des biens achetés à New York ou Londres.
D’autres élus ont été critiqués pour le montant de leurs dépenses de représentation. Par exemple, des maires de gauche et de droite ont régulièrement demandé le remboursement d’additions dépassant les 100 euros par personne au restaurant.
De son côté, Jeanne d’Hauteserre, maire Les Républicains du 8e arrondissement, a dépensé 35 779,65 euros de frais de vêtements entre 2020 et 2024. De l’autre côté du spectre des dépenses, Rachida Dati, maire du 7e arrondissement jugée en septembre pour corruption dans l’affaire Renault-Nissan, n’a utilisé que quelques centaines d’euros sur les près de 50 000 euros à sa disposition sur la période.
Plusieurs voix se font entendre, chez des élus parisiens de sensibilités diverses, pour réformer ce système, voire y mettre fin.
Manifestations et tentative de renversement du pouvoir en Géorgie
Le Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidzé, a promis des représailles contre l’opposition, au lendemain de manifestations électorales marquées par une tentative d’irruption de protestataires dans le palais de la présidence.
Des dizaines de milliers de manifestants pro-européens se sont rassemblés dans le centre de Tbilissi, pour protester contre le gouvernement. Ce rassemblement avait été organisé le jour d’élections locales boycottées par une partie de l’opposition, qui ont été remportées par le parti au pouvoir.
“Cette force politique – un réseau d’agents de l’étranger – sera complètement neutralisée et ne sera plus autorisée à intervenir dans la politique géorgienne”, a déclaré Irakli Kobakhidzé, en faisant référence au principal parti d’opposition de l’ancien président emprisonné Mikhaïl Saakachvili. Le Premier ministre avait auparavant qualifié les manifestations de “tentative de coup d’État”.
Le ministère de l’Intérieur a déclaré avoir ouvert une enquête pour “appels à renverser violemment l’ordre constitutionnel et l’autorité de l’État”. Il a annoncé l’arrestation de cinq dirigeants de la contestation, qui encourent jusqu’à neuf ans de prison.



