La réforme de la lutte anticorruption déclenche des manifestations en Ukraine
Volodymyr Zelensky a promulgué une loi controversée qui place les deux principales agences anticorruption du pays sous l'autorité du procureur général, lui-même nommé par le président de l'Ukraine. Justifiée par un souci d'efficacité et de lutte contre l'influence russe, cette réforme inquiète certains opposants, pour qui elle renforce la mainmise de l'exécutif. L'Union européenne a demandé des explications à Kiev, tout comme des milliers d'Ukrainiens qui ont manifesté dans la capitale et partout ailleurs dans le pays, de façon inédite depuis le début de l'invasion russe en 2022.
Créés après la révolution de 2014 et chargés de traquer les cas de corruption parmi les responsables publics, le Bureau national anticorruption (Nabu) et le Bureau du procureur spécialisé anticorruption (SAPO) sont placés par cette réforme sous l'autorité directe du procureur général. Un poste actuellement occupé par Ruslan Kravchenko, fidèle de Volodymyr Zelensky.
Dorénavant, le procureur général pourra donner des instructions écrites obligatoires au Nabu, et s'ingérer dans toute affaire en cours. Le chef du SAPO deviendra une figure symbolique, et le Nabu perdra son indépendance et deviendra une subdivision du bureau du procureur général.
Malgré ces avertissements, la loi a bien été votée et promulguée, dans la précipitation, lors d'une commission convoquée en urgence, en l'absence du président de séance et de la majorité des membres. Cette rapidité d'exécution interpelle d'autant plus que le Bureau national anticorruption et le procureur spécialisé enquêtaient sur des figures politiques de haut rang, notamment l'ancien vice-Premier ministre Oleksiy Chernyshov, un proche de Volodymyr Zelensky.
Quelques heures après la signature de la loi, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le bureau du président ukrainien à Kiev, et dans d'autres villes telles que Lviv et Odessa alors que les rassemblements sont interdits pour des raisons de sécurité dans le cadre de la loi martiale.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a "fait part de ses vives inquiétudes" et "a demandé des explications au gouvernement ukrainien" tandis que la commissaire européenne à l'Élargissement, Marta Kos, a dénoncé le "sérieux recul" représenté par "le démantèlement des garanties essentielles protégeant l'indépendance" de deux instances "essentielles" dans la candidature de l'Ukraine pour intégrer l'UE.
Bruno Retailleau creuse le fossé avec le macronisme
Dans les colonnes de Valeurs actuelles, Bruno Retailleau étrille le mouvement incarné par le chef de l'État. Aux yeux du ministre de l’Intérieur, "le macronisme s'achèvera avec Emmanuel Macron" parce qu'il "n'est ni un mouvement politique ni une idéologie". Le président du parti Les Républicains ajoute que le "en même temps alimente l'impuissance".
Bruno Retailleau assure que sa présence dans la coalition gouvernementale de la droite et du centre "n'est pas une adhésion au macronisme" mais qu’elle est animée par "l'intérêt général" et son refus que "la gauche mélenchonisée accède au pouvoir".
Les propos de l'actuel locataire de la place Beauvau font bondir la garde rapprochée du président de la République. Sur X, Elisabeth Borne l'accuse de "tenter de diviser le socle commun et d’affaiblir les remparts contre les extrêmes". Pour le parti Renaissance, "ces propos sont inacceptables pour un ministre nommé par le président de la République dans un gouvernement de coalition".
L'accord financier de l’université Columbia avec le gouvernement
L'université américaine Columbia a annoncé un accord de 221 millions de dollars "pour mettre fin aux enquêtes menées" par l'administration de Donald Trump, en guerre contre plusieurs établissements accusés d'avoir toléré les manifestations pour la fin du conflit à Gaza. Depuis son retour au pouvoir, le président américain n'a cessé d'accentuer les pressions sur les universités, en stoppant, dans le cas de Columbia, des centaines de millions de dollars de subventions versées par l'État fédéral pour la recherche.
L'université "versera à l'État fédéral 200 millions de dollars sur trois ans", a fait savoir l'université, ajoutant qu'elle paiera également 21 millions de dollars à un organisme consacré à l'égalité des chances. "En vertu de l'accord conclu aujourd'hui, la grande majorité des subventions fédérales qui ont été supprimées ou suspendues en mars 2025 seront rétablies", a précisé le prestigieux établissement.
La ministre de l'Éducation Linda McMahon a salué un "tournant cataclysmique dans la lutte de notre pays pour que les institutions qui acceptent l'argent des contribuables américains rendent des comptes sur l'antisémitisme". Selon elle, cela permettra aussi d'"éliminer les préférences raciales" et de "mettre fin" à la promotion de la diversité.
Remerciant Columbia d'avoir "accepté de faire ce qui est juste", Donald Trump a averti dans un message sur les réseaux sociaux que "de nombreuses autres institutions d'enseignement supérieur qui ont fait du tort à tant de personnes et qui ont été si injustes et inéquitables ne perdent rien pour attendre".
Médecins du monde dénonce la famine de masse à Gaza
Une centaine d’organisations humanitaires avertissent qu’une famine de masse se propage dans l'enclave palestinienne. "Nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent", expliquent dans un communiqué les ONG, dont Médecins sans frontières, plusieurs branches de Médecins du monde et Caritas, Amnesty International, ou encore Oxfam. Elles appellent à un cessez-le-feu immédiat, l'ouverture de tous les points de passage terrestres et la libre circulation de l'aide humanitaire.
"La situation est terrifiante, ce sont deux millions de personnes qui sont véritablement à l'agonie par défaut de nourriture, d'eau, de soins", explique Jean-François Corty. Les humanitaires sont également touchés. "En plus de cette famine qui se répand à vitesse grand V, les acteurs humanitaires aussi souffrent de la faim, de la soif et l'on est terrifié à l'idée d'imaginer leur sort dans les semaines qui viennent", ajoute le président de Médecins du monde.
Jean-François Corty dénonce une stratégie assumée : "On est logiquement dans la conséquence d'un blocus assumé, un siège, même, avec des mortalités d'enfants hallucinantes, avec des mortalités d'humanitaires". Selon les ONG, près de 400 humanitaires ont été tués depuis le début de la guerre, une mortalité inédite pour un conflit contemporain.
Emmanuel et Brigitte Macron portent plainte contre Candace Owens
Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont porté plainte pour diffamation aux États-Unis contre l'influenceuse Candace Owens, après que cette dernière a affirmé que la Première dame était "en réalité un homme". La plainte a été déposée dans l'État du Delaware et pointe les "récits extravagants, diffamatoires et farfelus" de l'influenceuse.
Le communiqué de Thomas Clare, l’avocat du couple Macron aux États-Unis, précise que "Madame Owens ayant systématiquement réaffirmé ces contre-vérités malgré les demandes répétées, nous avons finalement conclu que le recours à la justice était la seule voie restante".
Emmanuel et Brigitte Macron demandent un procès avec jury ainsi que des dommages-intérêts punitifs. Au cœur de l'affaire, un documentaire intitulé Becoming Brigitte mis en ligne en début d'année et visionné plus de 2,3 millions de fois sur YouTube. Candace Owens, qui pense que l'homme n'a jamais marché sur la Lune, ou que le réchauffement climatique n'existe pas, raconte que la Première dame française est en réalité une femme transgenre née sous l'identité de Jean-Michel Trogneux, son frère.



