La France tarde à renouveler sa flotte de bombardiers d'eau
Considéré comme le plus important depuis 19 ans, le feu qui a ravagé le massif des Corbières, dans l’Aude, a parcouru en quelques heures seulement plus de 16 000 hectares de garrigue et résineux, touchant le territoire de 15 communes entre Narbonne et Perpignan. Une personne est morte à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. La surface touchée est équivalente à la superficie de la ville de Paris.
Les moyens aériens de lutte contre les incendies reposent en grande partie sur les Canadair. Leur moyenne d'âge est de 30 ans, les opérations de maintenance sont devenues de plus en plus fréquentes et la disponibilité des appareils diminue en conséquence. Un retrait des plus anciens appareils était envisagé à partir de 2025-2030. Le président de la République s'est engagé en 2022 à renouveler la flotte des douze Canadair d'ici 2027 mais le coût unitaire – 60 millions d'euros – est un frein important.
À ce jour, seuls deux DHC-515 – la version moderne – ont été commandés par la France mais ne seront pas livrés avant 2032. La sécurité civile compte également six Dash 8 Q400 (Milan), des appareils rapides mais qui ne sont pas amphibies et qui sont susceptibles, à tout moment, d'être engagé dans d’autres missions.
Trois Beechcraft (Bengale et Icare), des appareils de reconnaissance et de coordination, complètent la flotte. Les Tracker, longtemps utilisés en première intervention, ont été définitivement abandonnés il y a cinq ans. En complément, la sécurité civile a passé un contrat pour louer jusqu'à six avions Air Tractor (Abel) et loue également six hélicoptères bombardiers d'eau lourds (Puma) et quatre légers (Condor) pendant la période estivale.
Plusieurs départements louent également des moyens aériens afin de compenser la sous-tension opérationnelle. Une quatrième base nationale de la sécurité civile a été inaugurée en Gironde. En revanche, l'Etat a renoncé à créer une deuxième base aérienne dans les Landes.
La flotte aérienne est donc intégralement concentrée sur la base de Nîmes-Garons, qui a succédé en 2017 à la base de Marignane. Des appareils sont prépositionnés chaque été en Corse et dans le sud et le sud-ouest de la France. Enfin, 24 pélicandromes offrent des pistes d'atterrissage et des moyens de ravitaillement en eau et en produit retardant jusque dans la Somme et les Vosges, en passant par le Morbihan et la Haute-Vienne.
Tous les acteurs évoquent un enjeu de souveraineté. D'autant que plusieurs technologies arrivent à maturité.
Gel des évacuations de Gaza vers la France
Dans la foulée de la polémique concernant l'étudiante Nour Attaalah, le Quai d'Orsay a décidé de bloquer provisoirement l'accueil de nouveaux Gazaouis. Le ministère des Affaires étrangères français a bloqué toutes les procédures d'accueil, le temps de "faire la lumière" sur une affaire encombrante : comment Nour Attaalah, une étudiante gazaouie de 25 ans auteure de messages antisémites sur les réseaux sociaux, a-t-elle pu être accueillie en France ?
Selon le collectif des avocats France-Palestine, spécialisé dans l'évacuation de civils palestiniens depuis octobre 2023, une quarantaine de personnes, dont des familles avec enfants, étaient attendues dans les jours qui viennent en France.
Le ministère des Affaires étrangères a également promis un réexamen complet du profil des 600 personnes accueillies en France depuis octobre 2023, dont un peu plus de la moitié sont arrivées depuis le début de l'année 2025.
Les très attendues décisions du Conseil constitutionnel
De la loi agricole Duplomb à la réforme du scrutin à Paris, Lyon et Marseille, le Conseil constitutionnel doit déterminer si plusieurs lois récemment adoptées, et particulièrement critiquées, sont conformes à la Constitution.
La loi Duplomb prévoit la réintroduction d'un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, l'acétamipride. Nocif pour la biodiversité, il est néanmoins autorisé ailleurs en Europe. La loi assouplit également la construction des retenues d'eau, des mégabassines et des bâtiments d'élevage intensif.
Une pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale pour le retrait du texte a franchi la barre des deux millions de signatures. Les parlementaires de gauche évoquent plusieurs soucis d'inconstitutionnalité, la considérant incompatible avec la préservation de l'environnement et le principe de précaution en matière de santé.
Les détracteurs du texte dénoncent le vote d’une motion de rejet préalable à l'Assemblée qui a empêché tout débat et dépôt d'amendement par les députés. Si les Sages estimaient que cette procédure est inconstitutionnelle, ils pourraient censurer toute la loi.
La proposition de loi dite PLM pour Paris-Lyon-Marseille, aligne le mode de scrutin municipal dans ces trois métropoles sur celui des autres communes, en supprimant les spécificités des arrondissements. Le texte a été rejeté deux fois par le Sénat.
La principale faille juridique est celle de l'irrecevabilité financière car en instaurant deux scrutins distincts dans ces trois villes, contre un seul actuellement, cette loi engendrerait des coûts supplémentaires. Les autres griefs contre le texte, comme l'inégalité entre les communes, le risque d'un manque de lisibilité du scrutin, ou le fait que la réforme soit trop proche du scrutin de 2026, sont en revanche jugés plus fragiles.
Une loi organique et une loi de programmation ont été adoptées afin de reconstruire Mayotte après le cyclone Chido mais plusieurs mesures de lutte contre l'immigration sont dans le viseur des députés écologistes, insoumis et socialistes. Une censure de ce volet représenterait un camouflet pour Bruno Retailleau.
Enfin, la proposition de loi adoptée le 9 juillet permet d'allonger la durée de rétention d'étrangers jugés dangereux, de 90 jours actuellement jusqu'à 210 jours. Le texte intègre le placement en rétention de certains demandeurs d'asile et la possibilité de relever des empreintes digitales et de faire des photos d'identité sous la contrainte. Ces mesures figuraient dans la loi immigration adoptée en 2023 mais le Conseil constitutionnel avait à l'époque jugé que bon nombre de mesures étaient des "cavaliers législatifs", sans lien direct avec le texte, et avaient largement censuré la loi.
Suspension de l'exemption de visa pour les passeports officiels algériens
Le président Emmanuel Macron a demandé au gouvernement "la suspension formelle" d'un accord de 2013 "concernant les exemptins de visa sur les passeports officiels et diplomatiques" algériens. La France doit agir "avec plus de fermeté et de détermination" et le gouvernement doit prendre "des décisions supplémentaires" vis-à-vis de l'Algérie, exhorte Emmanuel Macron, invoquant notamment le "sort réservé" à l’écrivain Boualemn Sansal et au journaliste Christophe Gleizes.
Il fait également référence au "non-respect par l'Algérie de ses obligations" en matière migratoire, ainsi que "la cessation de la coopération des 18 consulats algériens présents sur notre sol avec les services de l'Etat".
Emmanuel Macron demande également au gouvernement d'user "immédiatement" d'une disposition de la loi immigration de 2024, le levier visa-réadmission qui "permet de refuser les visas de court séjour aux détenteurs de passeports de service et diplomatiques, tout comme les visas de long séjour à tous types de demandeurs".
Le président demande en outre à son Premier ministre "d'instruire le ministre de l'Intérieur", Bruno Retailleau, tenant d'une ligne dure vis-à-vis d'Alger, "de trouver au plus vite les voies et moyens d'une coopération utile avec son homologue algérien".
Donald Trump juge probable une réunion prochaine avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky
Le président américain Donald Trump a jugé qu'il y avait "une bonne chance qu'il y ait une réunion très bientôt" avec le président russe Vladimir Poutine et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sans donner de précisions de date ou de lieu.
Il n'a toutefois pas voulu s'engager sur la probabilité d'un accord mettant fin à la guerre en Ukraine. Sa porte-parole Karoline Leavitt avait précisé un peu plus tôt que "les Russes avaient fait part de leur désir de rencontrer" le président américain.
À Moscou, l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, a eu des échanges qualifiés de "productifs" avec Vladimir Poutine, à deux jours de l’expiration de l’ultimatum des Etats-Unis à la Russie, sommée de mettre fin au conflit en Ukraine.



