Emmanuel Macron à Belém pour la COP30
Une cinquantaine de dirigeants du monde entier sont présents à Belém, au Brésil, où se tient un sommet en préambule de la COP30. Lors d’une allocution à la tribune, Emmanuel Macron, a appelé à choisir “la science face à l’idéologie” et à “continuer de soutenir nos scientifiques”. Sans mentionner le président américain Donald Trump, qui a sorti les Etats-Unis de l’accord de Paris et qualifié le changement climatique d’“arnaque”, le président français a fustigé “les prophètes de désordre qui sèment le doute quant à l’urgence climatique et remettent en question les certitudes les mieux étayées”.
Le président français a déclaré que “nous devons convoquer à nouveau l’esprit qui a présidé à l’adoption de l’accord de Paris” conclu en 2015 dans la capitale française, lors de la COP21, reconnaissant que les efforts mondiaux n’étaient “pas suffisants” pour rester sous le seuil de 1,5 °C. Il a donc exhorté les pays qui rejettent le plus de gaz à effet de serre “à suivre la voie de l’Union européenne”, porteuse selon lui d’une des politiques “les plus ambitieuses au monde”.
Emmanuel Macron a ainsi mis l’accent sur la nécessité “à court terme” de définir “un cadre plus contraignant pour les émissions de méthane”, l’autre gaz qui réchauffe principalement l’atmosphère, avec le CO2. S’agissant des forêts, le président français a annoncé que la France apporterait “d’ici 2030, un soutien supplémentaire de 500 millions d’euros”, qui pourrait abonder le fonds inédit lancé par le président brésilien Lula, la Facilité de financement des forêts tropicales.
En 2024, la France a fourni 7,2 milliards d’euros de financements climatiques à destination des pays en développement. L’Union européenne et ses membres sont le premier contributeur mondial à la finance climatique.
Les nouvelles règles du découvert bancaire
Le gouvernement a modifié par ordonnance les règles encadrant les découverts bancaires. Ces mesures doivent entrer en vigueur le 20 novembre 2026.
Les modifications concernent essentiellement les découverts inférieurs à 200 euros et de moins d’un mois. Actuellement, chaque banque fixe les conditions de durée, de montant et de taux d’intérêt qui permettent à un client d’avoir un solde débiteur.
Le nouveau texte prévoit d’aligner les règles autour de ces découverts sur celles des crédits à la consommation. Les banques auront désormais l’obligation de faire une analyse de solvabilité. Si un client est surendetté ou a des revenus que la banque estime trop faibles, la demande pourra être refusée.
Pour les découverts dépassant les 200 euros et durant plus d’un mois, le nouveau cadre ne modifie guère les règles, puisqu’ils étaient déjà soumis à celles des crédits à la consommation.
La directive européenne relative aux contrats de crédit aux consommateurs, adoptée par l’Union européenne en octobre 2023, oblige la France et les autres Etats membres à opérer ces modifications.
Une force internationale bientôt déployée à Gaza
Donald Trump a affirmé qu’une force internationale serait déployée à Gaza. “Ça va arriver très bientôt”, a répondu le président américain à une question d’un journaliste sur le déploiement annoncé d’une telle force dans le territoire palestinien. “On a plusieurs pays qui se sont portés volontaires pour intervenir en cas de problème avec le Hamas, par exemple, ou pour tout autre problème”, a-t-il ajouté lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche.
Cette déclaration de Donald Trump survient au lendemain de l’annonce par les Etats-Unis d’un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU destinée à soutenir le plan de paix du président américain. L’ambassadeur Mike Waltz a réuni les dix membres élus du Conseil ainsi que plusieurs partenaires régionaux, selon la mission américaine à l’ONU, estimant que cela témoignait du “soutien régional” à ce texte.
Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a affirmé, fin octobre, qu’Israël aurait un droit de veto sur les membres de la force en charge de sécuriser l’après-guerre à Gaza. Le gouvernement israélien et le Hamas ont accepté, dans la mise en œuvre de la première phase du plan américain, une force internationale chargée de veiller au respect de l’accord.
Emmanuel Macron prêt à accepter l’accord commercial UE-Mercosur
Sur la possibilité d’accepter l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, Emmanuel Macron a déclaré : “Je suis plutôt positif, mais je reste vigilant parce que je défends aussi les intérêts de la France”.
Les députés Les Républicains menés par Laurent Wauquiez avaient demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu l’organisation d’un vote au Parlement sur le traité UE-Mercosur. Destiné à libéraliser les échanges entre l’Union européenne et des pays d’Amérique latine, dont les deux géants Brésil et Argentine, le traité du Mercosur avait été signé fin 2024. Adopté le 3 septembre 2025 par la Commission européenne, le texte doit encore être approuvé par les 27 pays membres avant d’entrer en application.
La Commission européenne avait annoncé début septembre des mesures de sauvegarde pour protéger les secteurs agricoles dans le cadre de cet accord. Mais la clause de sauvegarde renforcée proposée par Bruxelles doit être adoptée et reconnue par les pays latino-américains avant toute signature de l’accord.
L’ONU lève ses sanctions contre le président syrien par interim
Le Conseil de sécurité de l’ONU a levé les sanctions contre le président syrien par interim Ahmad al-Chareh. La résolution préparée par les Etats-Unis a été adoptée par 14 voix pour et l’abstention de la Chine. Ahmad al-Chareh et son ministre de l’Intérieur Anas Khattab ne sont ainsi plus inscrits sur la liste des sanctions visant individus et groupes liés aux groupes Etat islamique et Al-Qaïda, soumis à une interdiction de voyage, un gel des avoirs et un embargo sur les armes.
“Avec l’adoption de ce texte, le Conseil envoie un message politique fort reconnaissant que la Syrie est dans une nouvelle ère”, a salué l’ambassadeur américain Mike Waltz. La Chine s’est abstenue et son ambassadeur Fu Cong s’est notamment inquiété de la présence en Syrie de “combattants terroristes étrangers” capables d’“exploiter la situation sécuritaire fragile”.
Malgré son inscription sur la liste des sanctions de l’ONU, le président par interim multiplie depuis son arrivée au pouvoir les déplacements internationaux, bénéficiant à chaque fois d’une exemption du comité de sanction de l’ONU. En mai, Donald Trump avait annoncé la levée des sanctions américaines contre la Syrie. De son côté, Emmanuel Macron souhaite que le président syrien rejoigne “la coalition internationale de lutte contre Daech”.



