Réquisitions du parquet dans le procès contre Rachida Dati
Au procès de Rachida Dati et de Carlos Ghosn pour corruption et trafic d'influence, le Parquet national financier (PNF) a demandé quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménageables et deux ans avec sursis, contre l'ancienne ministre, ainsi que 450 000 euros d'amende, soit la moitié des honoraires perçus dans son activité de lobbying pour Renault-Nissan au Parlement européen, entre 2009 et 2013.
Le PNF a également réclamé de lui interdire de poursuivre son activité d'avocate et la révocation de sa fonction de magistrate. Une peine d'inéligibilité de cinq ans, assortie de l'exécution provisoire est également réclamée contre Rachida Dati. Par ailleurs, le PNF a requis quatre ans de prison contre l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn, en fuite au Liban et jugé en son absence, avec maintien du mandat d'arrêt.
Le PNF accuse la maire du 7e arrondissement de Paris et l'ex-PDG de Renault, jugé en son absence, d'avoir noué un pacte de corruption, en contrepartie de lobbying pour Renault-Nissan, entre 2009 et 2013, au Parlement européen, où Rachida Dati était élue. L'ancienne avocate, qui demande aujourd'hui sa réintégration dans la magistrature, avait signé une convention d'honoraires de 900 000 euros sur trois ans.
Résultats des élections sénatoriales 2026
Pour la première fois de son histoire, La France insoumise va faire son entrée au Palais du Luxembourg. Gabriel Amard a été élu dans le Rhône, lors des sénatoriales. Celui qui est aussi le gendre de Jean-Luc Mélenchon, était celui qui avait le plus de chances de l'emporter. “Heureux augure pour 2027 !”, s'est d'ailleurs félicité sur X le candidat à la présidentielle.
Le Rassemblement national est parvenu à dépasser la barre fatidique des dix élus à la chambre haute du Parlement, seuil nécessaire pour constituer un groupe et peser davantage dans les débats et les travaux des élus au Palais du Luxembourg. Il s'agit d'une première dans l'histoire du parti d'extrême droite allié aux ciottistes. Marine Le Pen a immédiatement salué une “victoire historique et une étape majeure”.
Au total, 178 sièges de sénateurs sur 348 sont renouvelés à l'occasion de ce dernier scrutin organisé avant la présidentielle. L’actuel président du Sénat occupe depuis 2008, presque sans discontinuer, le plateau, équivalent du perchoir à l'Assemblée nationale. Et il souhaite rempiler pour trois années supplémentaires. L'élection à la présidence du Sénat aura lieu jeudi 1er octobre.
Blocus dans des lycées de Seine-Saint-Denis
Moins d’un mois après la rentrée scolaire, les élèves de plusieurs lycées de France, et notamment d’Ile-de-France, bloquent ou tentent de bloquer leurs établissements scolaires, protestant notamment contre le manque de moyens et les absences de professeurs. Le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a accusé le gouvernement de Sébastien Lecornu sur X d’avoir “ordonné la répression” du mouvement “avec un arrière-goût raciste évident”, et appelle les élus et militants LFI à s’“interposer partout où” ils le peuvent.
Sébastien Lecornu lui a répondu, estimant que son accusation de racisme était “une insulte”. “Racialiser un débat sur la sécurité des élèves, c’est ajouter de la division là où un responsable politique devrait chercher à ramener le calme”, regrette le Premier ministre. Il précise qu’“une lycéenne a été blessée à l’acide chlorhydrique, aux mains et au visage par des agresseurs violents”.
“On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Ile-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire”, a déclaré à l'AFP le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani. Selon lui, il peut y avoir une “convergence des luttes” avec “la grève de la fonction publique qui sera très suivie par les enseignants”.
“La mobilisation semble s'intensifier cette semaine, avec un nombre d’établissements concernés conséquent, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis”, affirme le rectorat de Créteil, qui couvre la moitié est de l'Ile-de-France. “Les revendications exprimées apparaissent très variables selon les établissements concernés”, note l'institution, estimant que “les réseaux sociaux agissent comme un amplificateur de mobilisation et exposent aux récupérations diverses”.
Incident majeur près d’une base militaire de l’armée américaine au Royaume-Uni
La police britannique a déclaré un “incident majeur” et procédé à l’évacuation des habitations à proximité d’une base militaire de l’ouest de l’Angleterre utilisée par l’armée de l’air américaine, après avoir arrêté plusieurs hommes soupçonnés d’infractions à la législation sur les explosifs. Des experts militaires en déminage ont procédé à l’examen de plusieurs véhicules selon un communiqué de la police du Gloucestershire.
Le village de Whelford est à proximité immédiate de la base de la Royal Air Force de Fairford, également utilisée par l’United States Air Force. Un périmètre de sécurité a été mis en place et les policiers estiment que l’incident survenu près de la base a été “circonscrit”. “Nous sommes reconnaissants envers les services d’urgence, qui ont agi rapidement pour interpeller plusieurs suspects et mettre en place des mesures afin d’assurer la sécurité de la population”, a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Cinq personnes ont été arrêtées alors que la police antiterroriste mène désormais l’enquête. Donald Trump a déclaré aux journalistes que les hommes arrêtés “cherchaient à causer de gros dégâts”. “On les a surveillés pendant longtemps, et on les a eus”, s'est félicité le président américain.
Discours de Sergueï Lavrov à la tribune de l’ONU
Près de cinq ans après l’invasion, la Russie ne change pas ses plans. Moscou atteindra ses objectifs en Ukraine, et ce “peu importe les circonstances”, a assuré Sergueï Lavrov, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. “Les objectifs de l’opération militaire spéciale seront atteints, la menace à la sécurité russe sera éliminée, et la vie paisible reviendra”, a déclaré le chef de la diplomatie russe.
Dans sa prise de parole, Sergueï Lavrov a aussi accusé l’Europe d’opposition systématique en vue d’une résolution du conflit en Ukraine, à rebours selon lui de la position des Etats-Unis. “L’Europe fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les discussions de paix souhaitées par le gouvernement Trump”.
Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, Sergueï Lavrov a également rencontré son homologue allemand, Johann Wadephul. Cet échange a eu lieu dans un climat de vives tensions, après que l’Allemagne a accusé Moscou d’avoir envoyé un drone chargé d’explosifs sur l’aéroport de Leipzig début août. L’Allemagne et la Russie ont depuis fermé leurs consulats respectifs au sein des deux pays.
Lors de l’entretien, Johann Wadephul a condamné “l’agression persistante et toujours plus ciblée de la Russie contre la population civile ukrainienne”. Il a aussi enjoint Moscou “à renoncer à la dangereuse voie de l’escalade à l’égard de l’Allemagne, de l’Europe et de l’Otan”, selon des propos rapportés par la délégation allemande.
Marches pour le climat partout en France
À Paris, la marche pour le climat s'est tenue mais sans défilé. Cet événement annuel partout en France a exceptionnellement pris la forme d'un rassemblement dans la capitale, en raison de la mobilisation des forces de l'ordre pour la venue du Pape Léon XIV. Sur la place de la République, 1 200 associations ont planté leurs tentes pendant que quelques milliers de personnes ont assisté aux prises de parole entre deux rangées de stands.
Tous les partis politiques du Nouveau Front Populaire ont même été présents. Mattia Geonget, co-organisatrice du rassemblement, regrette la trop faible place prise par l'environnement dans la campagne présidentielle. Pour les 1200 organisations présentes, un mot d’ordre est notamment revenu : que l’été caniculaire passé serve d’avertissement.
Même si ces associations sont conscientes du contexte budgétaire qui pèse sur la France, la transition écologique demeure un poste de dépenses à ne pas baisser selon elles. Selon le manifeste de ces dernières, plusieurs solutions existent parmi lesquelles la taxe sur les superprofits de l’armement et des énergies fossiles ou la création d’un impôt climatique sur les grandes fortunes.
À quelques mois de l’échéance présidentielle, l’objectif est également d’accroître la pression sur le gouvernement pour le budget 2027. Beaucoup se souviennent en effet du rabotage de 20% du Fonds vert à l’été 2026, en pleine canicule.
Les Suisses refusent à une large majorité de durcir leur neutralité
Sans surprise, les Suisses ont largement balayé l’initiative populaire qui visait à durcir la neutralité du pays. Le “non” l’a emporté à 70,1%, selon les résultats finaux. “Ce résultat n’est pas un vote contre la neutralité. La Suisse était neutre hier, elle est neutre aujourd’hui et elle le restera aussi à l’avenir”, a assuré le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis. Et d’ajouter : “Etre neutre ne signifie ni être indifférent, ni se tenir à l’écart.”
Ce texte, porté par la droite nationaliste et qualifié de prorusse par ses opposants, voulait inscrire dans la Constitution fédérale une neutralité renforcée, excluant toute alliance avec une organisation militaire, sauf en cas d’attaque ou de préparatifs d’attaque contre la Suisse, ainsi que toute reprise de sanctions économiques contre un pays tiers, à l’exception de celles décidées par l’ONU.
Ancrée dans l’histoire helvétique depuis plusieurs siècles, la neutralité de la Suisse est inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1848, le pays alpin s’abstenant ainsi de prendre parti dans les guerres entre Etats tiers. Mais l’adoption par la Suisse des sanctions de l’Union européenne contre Moscou après l’invasion russe en Ukraine, ainsi que son premier mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, en 2023 et 2024, ont placé la question de la neutralité helvétique au cœur des débats.
Les partisans d’une neutralité flexible défendent la possibilité pour la Confédération d’adapter sa politique aux circonstances. C’est cette logique qui a notamment conduit la Suisse à collaborer avec l’Otan, sans en être membre. Après une campagne longtemps serrée, les derniers sondages avaient montré une nette opposition à l’initiative, en phase avec la position du gouvernement.




