Dissuasion nucléaire coordonnée entre la France et le Royaume-Uni
La France et le Royaume-Uni ont acté un rapprochement entre leurs forces armées, notamment sur le plan de la dissuasion nucléaire, à l'issue d'un sommet bilatéral à Londres. Le Premier ministre britannique Keir Starmer et Emmanuel Macron ont signé une déclaration "affirmant pour la première fois que les moyens de dissuasion respectifs des deux pays sont indépendants, mais peuvent être coordonnés".
Les deux seuls Etats européens à disposer de l'arme atomique assurent ainsi que "tout adversaire menaçant les intérêts vitaux du Royaume-Uni ou de la France pourrait être confronté à la puissance des forces nucléaires des deux nations".
Paris et Londres avaient déjà signé, en 1995, une déclaration conjointe affirmant qu'il n'existait "pas de situation dans laquelle les intérêts vitaux de l'un pourraient être menacés sans que les intérêts vitaux de l'autre le soient aussi". Mais le texte ne comportait aucune mention explicite de la dissuasion nucléaire. Les deux pays sont néanmoins très proches dans ce domaine, avec une instance de consultation qui se réunit plusieurs fois par an et la signature du traité de Lancaster House sur la coopération nucléaire de défense, en 2010.
La menace d’une attaque russe, l’embrasement au Moyen-Orient et l’isolationnisme américain depuis le retour au pouvoir de Donald Trump qui laisse planer le doute sur sa volonté de respecter l'article 5 du traité de l'Alliance transatlantique imposant aux membres de l'Otan de défendre tout membre visé par une offensive, nécessitaient une réactualisation de la coopération franco-britannique.
Cette coopération renforcée ne signifie toutefois pas que Paris ou Londres perdront leur souveraineté en matière de dissuasion nucléaire. "L'un comme l'autre, nous restons pleinement souverains et indépendants dans le déclenchement et le pilotage de nos capacités nucléaires", a redit Emmanuel Macron. Le président de la République reste le seul décideur pour la France et le Premier ministre britannique le décideur pour le Royaume-Uni. Il peut y avoir une coordination, mais il n'y a pas d'automaticité du recours à l'arme atomique, ni de partage.
Avec respectivement 290 et 225 ogives, la France et le Royaume-Uni disposent d'arsenaux bien moins importants que les Etats-Unis ou la Russie. Contrairement à la France – dont les missiles peuvent être embarqués par quatre sous-marins, mais aussi par les avions Rafale – la dissuasion britannique n’avait plus de composante aéroportée depuis la fin de la Guerre froide.
Le renforcement de l'alliance franco-britannique ne se limite pas au nucléaire. Keir Starmer et Emmanuel Macron ont aussi annoncé une accélération de leur collaboration dans le développement de missiles de croisière et de missiles antinavires.
Ils ont également acté le renforcement d’une force militaire commune qui pourrait être mise à la disposition de l'Otan, et ont assuré avoir "un plan prêt à être mis en œuvre" pour le déploiement en Ukraine de la "coalition des volontaires". Initiée début 2025 par Paris et Londres, elle réunit une trentaine de pays alliés de Kiev, prêts à contribuer au maintien de la paix en cas de cessez-le-feu avec Moscou.
Le projet d'échange de migrants conclu entre Emmanuel Macron et Keir Starmer
La France et le Royaume-Uni se sont mis d'accord sur un "projet pilote" impliquant un échange de migrants. Cet accord, qui doit encore être soumis à la Commission européenne avant d'être signé, repose sur le principe du "un pour un". Il prévoit le renvoi en France d'un migrant arrivant par bateau, en échange de quoi Londres s'engage à accepter un demandeur d'asile ayant des liens familiaux au Royaume-Uni.
"Pour la première fois, les migrants arrivant par petits bateaux seront arrêtés puis renvoyés rapidement en France", a déclaré le Premier ministre britannique, Keir Starmer, lors d'une conférence de presse sur la base militaire de Northwood.
Le président français a estimé que ce projet pilote "exercera un effet très dissuasif sur le modèle des passeurs et sur les traversées", soulignant que depuis le Brexit, il n'existait plus "aucun accord migratoire avec l'Union européenne" et que cela créait une "incitation" à traverser la Manche.
Pour Nigel Farage, "cet accord est une humiliation". L'ONG Médecins sans frontières a de son côté jugé que ce projet n'était "pas seulement absurde" mais "aussi extrêmement dangereux". Cinq pays de l'UE, dont l'Espagne, la Grèce et l'Italie, avaient de leur côté exprimé en juin leur préoccupation, réclamant une approche conjointe et coordonnée entre les Etats membres de l'UE.
Disparition d'un touriste français en Iran
L'Iran affirme avoir interpellé le franco-allemand Lennart Monterlos, qui n’a plus donné de nouvelles depuis le 16 juin alors qu'il effectuait un voyage entre l'Europe et l'Asie. "Il a été arrêté pour avoir commis un délit", a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, dans une interview donnée au Monde.
"Nous sommes en contact avec les autorités Iraniennes au sujet de la situation de notre ressortissant", a réagi le Quai d'Orsay auprès de plusieurs médias.
La disparation du jeune homme avait été jugée inquiétante dimanche par une source diplomatique française. "Notre ambassade est pleinement saisie du sujet", avait assuré Jean-Noël Barrot, précisant à la presse que les parents du jeune homme sont "en contact constant avec le centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères".
Deux élues LFI monteront à bord de la Flotille pour la liberté
Un peu plus d’un mois après le départ du Madleen, deux élues LFI monteront le 18 juillet à bord d'un nouveau bateau humanitaire à destination de Gaza. "Pour les enfants de Gaza, pour briser le blocus humanitaire, pour stopper le génocide, nous partons la semaine prochaine sur le Handala", a annoncé la députée Insoumise Gabrielle Cathala sur X, précisant qu'elle monterait à bord du bateau à Gallipoli dans le sud-est de l'Italie, avec l'eurodéputée LFI Emma Fourreau.
Selon Gabrielle Cathala, le Handala devrait entre autres emmener l'influenceur et acteur américain Jacob Berger, le syndicaliste américain Chris Smalls, ou encore l'activiste américano-palestinienne Huwaida Arraf, mais aussi des passagers d'autres nationalités et "plusieurs journalistes".
Le Premier ministre entend tenir l'objectif d'un déficit à 4,6% du PIB en 2026
François Bayrou a assuré que son ambition était de ramener le déficit à 4,6% en 2026, évoquant "ici ou là des efforts particuliers" mais sans augmentation d'impôts généralisée. "Le déficit est à 5,8% du produit intérieur brut, nous allons cette année passer à 5,4% et l'année prochaine, nous allons aller vers 4,6%", a-t-il affirmé, soulignant que "le gouvernement va dire ce que sont les contraintes, les efforts nécessaires, les décisions à prendre pour qu'on se tire de ce piège mortel".
"Je veux que tout le monde participe" à l’effort d’économie d’environ 40 milliards d’euros pour le prochain budget de la France, a expliqué le chef du gouvernement. François Bayrou s'est aussi dit "déterminé à proposer la banque de la démocratie" qui pourrait être "adossée à la Caisse des dépôts et consignations" et qui doit permettre aux partis politiques de se financer.



