Midterms 2026 : les démocrates décrochent la majorité absolue au Sénat et à la Chambre des représentants
Les démocrates ont remporté la majorité absolu à la Chambre des représentants, dépassant la barre des 218 sièges. Quelques heures plus tôt, le parti avait déjà repris le contrôle du Sénat, dépassant le seuil des 51 sièges nécessaires pour disposer de la majorité absolue.
Dans un entretien à Fox News, Donald Trump a jugé que la guerre en Iran était “en partie” responsable de la défaite de son camp, tout en reconnaissant le “bon boulot” des démocrates lors du scrutin.
Josh Turek a ainsi remporté un siège en Iowa, tandis qu'au Texas, le démocrate James Talarico a réussi à ravir un siège de sénateur aux républicains, une prouesse pour son camp qui n'était pas arrivée depuis 1988. L'étoile montante démocrate Jon Ossoff a ainsi été réélu en Géorgie, tandis qu'Annie Andrews a réussi l'exploit d'arracher un siège aux républicains en Caroline du Sud.
Au New Hampshire, Chris Pappas devient le premier homme ouvertement gay élu au Sénat, tandis que Keisha Lance Bottoms, élue gouverneure de Géorgie, devient la première femme noire à accéder à un tel poste.
Ces autres sujets sur lesquels les Américains votent lors des midterms 2026
Si les regards se tournent surtout sur la future composition du Congrès, déterminante pour l’action du président Donald Trump d'ici la fin de son mandat, les Américains sont également appelés à trancher une multitude de propositions au niveau local.
Les Californiens se prononceront sur une mesure qui pourrait en inspirer d’autres à travers les Etats-Unis : la perspective d’un impôt unique sur la fortune des milliardaires. La “Proposition 40” entend prélever 5% du patrimoine des résidents de l’Etat possédant plus d’un milliard de dollars, puis rediriger cette richesse en priorité vers des politiques de santé et d’accès aux soins. L’initiative doit permettre d’obtenir 100 milliards de dollars de recettes fiscales.
L’avortement avait été l’une des thématiques fortes des midterms de 2022, organisées dans la foulée d’une décision historique de la Cour suprême américaine. Les juges ont révoqué le droit constitutionnel à l’avortement, laissant chaque Etat libre de l’interdire ou de l’autoriser.
Cette année, quatre Etats organisent des référendums importants sur le sujet. Les habitants de l’Idaho se prononcent ainsi sur la “proposition 1”, qui vise à rétablir le droit d’avorter jusqu’à la viabilité fœtale, généralement entre 22 et 24 semaines de grossesse. Actuellement, l’Etat ultraconservateur interdit l’interruption volontaire de grossesse à tous les stades, sauf pour éviter la mort de la mère, mais pas pour préserver sa santé.
Au total, 13 Etats à majorité républicaine appliquent désormais une interdiction totale de l’avortement, et 12 en limitent très fortement l’accès. Au Nevada, la “question 6” propose aux électeurs d’amender la Constitution du territoire pour y inclure le droit à l’avortement. Même chose en Virginie, avec la “question 1”. A l’inverse, les habitants du Missouri décideront de l’effacement du droit à l’IVG de la Constitution, prôné par “l’amendement 3”.
Le sujet du “redistricting” a animé la campagne qui a précédé ces élections. Neuf Etats américains, dont le Texas et la Californie, ont vu leurs circonscriptions redessinées en vue des nouvelles élections des membres de la Chambre représentants. Ce redécoupage électoral, dont l’ampleur est inhabituelle à l’approche de midterms, a été impulsé à l’été 2025 par la Maison Blanche, dans l’espoir de sauver une courte majorité républicaine au Congrès. Sans surprise, il entraîne à son tour une série de référendums locaux sur le sujet.
Les attaques du camp républicain contre les droits des personnes trans s’étaient multipliées lors de l’élection présidentielle de 2024. Plusieurs Etats conservateurs ont depuis fortement réduit les droits des minorités de genres, encadrant notamment les transitions médicales. Au niveau fédéral, l’administration délivre depuis 2025 uniquement des passeports se basant sur le sexe de naissance, même en cas de transition de genre reconnue par les autorités. Les politiques ciblant cette minorité se sont poursuivies en 2026, notamment lorsque Donald Trump a signé un décret pour interdire “l’extrémisme de genre” dans l’armée.
Les électeurs de cinq Etats se prononceront sur ces sujets. Plusieurs concernent l’interdiction de la participation d’athlètes trans aux compétitions sportives féminines. Les électeurs au Nebraska et dans l’Etat de Washington seront interrogés sur le sujet. En Arizona et au Colorado, l’interdiction, si elle est approuvée, concernera aussi les hommes trans. Deux propositions, au Colorado et au Missouri, veulent bloquer l’accès aux soins et traitements de transition de genre aux mineurs. A l’inverse, les habitants du très progressiste Vermont peuvent décider d’inclure l’identité de genre dans les clauses de protection contre les discriminations de l’Etat.
La présence de data centers dans certaines villes américaines, à l’ère de l’intelligence artificielle, est au cœur de plusieurs référendums locaux mardi. De la Californie à la Floride, en passant par le New Jersey et le Kansas, plusieurs communautés sont invitées à voter sur ce sujet devenu controversé, en raison notamment de la pollution, de nuisances sonores et de la surconsommation énergétique que ces centres engendrent.
La SNCF annonce trois mesures pour améliorer le pouvoir d’achat de ses salariés
Une nouvelle prime et deux indemnités augmentées : la SNCF a annoncé trois mesures pour améliorer le pouvoir d’achat de ses salariés face à l’inflation, à l’issue d’une réunion avec les syndicats qui réclament plutôt une hausse générale des salaires pour 2026. Une prime de partage de la valeur de 400 euros sera ainsi versée fin novembre aux salariés de SNCF SA, SNCF Voyageurs, SNCF Réseau, SNCF Gares et Connexions et SNCF Optim’Services, soit à quelque 140 000 personnes sur les 280 000 salariés du groupe ferroviaire public.
A compter du 1er novembre, les indemnités pour heures de nuit, dimanches et fêtes sont aussi augmentées de 2% pour les quelque 100 000 salariés qui assurent la continuité du service ferroviaire ou travaillent en horaires décalés. A la même date, tous les salariés qui utilisent un véhicule personnel pour les besoins du service verront leur allocation kilométrique augmentée de 5%.
Ces mesures de pouvoir d’achat s’ajoutent à celles déjà prises plus tôt dans l’année, notamment le versement d’une première prime de partage de la valeur de 250 euros en mars, une prime de 100 euros en juillet, un intéressement d’un montant moyen de 1 050 euros sur l’année et une reconduction de la prise en charge des frais d’abonnement de transport public à 75%. Les salariés percevront donc en moyenne 1 700 euros en 2026 au titre des deux primes de partage de la valeur et de l’intéressement, soit une augmentation de 30% en moyenne par rapport à 2025.
Le Sénat adopte le projet de loi de protection des enfants
Après l’Assemblée nationale cet été, le Sénat a adopté le projet de loi de protection des enfants. Ce texte est marqué par plusieurs mesures fortes pour soutenir et protéger les victimes de violences, comme l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les mineurs. Le projet gouvernemental a été adopté très largement malgré l’abstention de la gauche, qui s’est notamment alarmée face à l’absence de volet financier pour assurer des moyens pérennes à la protection de l’enfance.
Députés et sénateurs se réuniront dans les prochaines semaines lors d’une commission mixte paritaire pour aboutir à un texte commun, ce qui ouvrira la voie à son adoption définitive. Initialement bâti pour réformer l’aide sociale à l’enfance en facilitant notamment l’accueil en famille plutôt qu’en institution, le texte a finalement pris une tournure très pénale au fil des mois, dans le sillage de certains faits divers dramatiques impliquant des enfants.
Affaire Bétharram, scandale de violences dans le périscolaire, meurtre de Lyhanna... Le retentissement de ces affaires a été au cœur des préoccupations des parlementaires lors de l’examen de ce texte au Parlement. La proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, adoptée à l’Assemblée nationale, est censée compléter ce texte. Elle doit être examinée en janvier au Sénat.
La fermeture de CNews réclamée par plus de 700 000 personnes
Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour “supprimer CNews de l’audiovisuel français” a dépassé les 700 000 signatures.
Selon le règlement de l’Assemblée nationale, un débat dans l’hémicycle autour d’une pétition peut être organisé si celle-ci passe le cap des 500 000 signataires provenant de 30 départements différents. Mais une commission doit d’abord décider de la classer ou de l’examiner. La commission des Affaires culturelles de l’Assemblée doit ainsi examiner dans les prochains jours le classement ou l’organisation d’un débat.
Passé ce seuil, l’organisation d’un débat n’est pas systématique. Une précédente pétition contre la loi sur la présomption d’usage légitime des armes à feu par les forces de l’ordre avait ainsi largement dépassé les 500 000 signatures mais a été classée par les députés membres de la commission des lois en juillet.
Si un débat dans l’hémicycle était organisé, il ne pourrait pas non plus aboutir à une fermeture de la chaîne d’information. La fermeture d’une chaîne de la TNT relève du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom. L’autorité administrative indépendante attribue aux chaînes et radios le droit d’émettre moyennant des obligations, comme le respect de la diversité des opinions ou l’interdiction de diffuser des propos discriminatoires.
Si ces règles sont enfreintes, l’Arcom agit graduellement : mise en demeure, sanction financière, réduction temporaire du droit d’émettre, et, enfin, le retrait de l’autorisation.
Déjà mise à l’amende pour des séquences de nature à inciter à la haine ou à la discrimination, CNews a, de son côté, été mise en demeure en juin dernier par l’Arcom de corriger un “déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion” sur son antenne, notamment “sur la menace que représenteraient l’immigration et l’islam pour la société française”. La chaîne a contesté devant le Conseil d’Etat. En attendant, l’autorisation de diffusion de CNews a été renouvelée en décembre 2024 et jusqu’en 2035.
Le groupe Gifi est placé en redressement judiciaire
Le groupe Gifi avait déjà annoncé faire face à des grandes difficultés. A sa demande, l’enseigne dont les magasins emploient 6 000 personnes en France, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse. Le tribunal a ordonné une période d’observation de six mois et a donné rendez-vous le 8 janvier pour une nouvelle audience visant à “déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation”.
Les problèmes du groupe Gifi ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023, auquel s’est ajoutée la concurrence d’autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet comme Temu. En 2025, l’enseigne, fondée par Philippe Ginestet en 1981, avait envisagé de réduire de 5% ses effectifs, avant d’interrompre ce plan social. Elle s’est depuis rapprochée du distributeur alimentaire Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins, sur les plus de 500 qu’elle compte.
Le nouveau président du directoire de Gifi, Patrick Puy, avait dit le 23 octobre vouloir “protéger un maximum de salariés”. “Comme vous le savez, le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été et Gifi n’a pas été épargnée. Pour protéger l’entreprise et poursuivre son activité, nous avons décidé de solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal compétent”, avait-il annoncé aux salariés dans une lettre. Il avait par ailleurs assuré que cette procédure n’entraînerait “par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi et aucun nouveau plan de sauvegarde de l’emploi.”




