Bilan du 18e jour de conflit au Moyen-Orient
Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a confirmé la mort de son chef, Ali Larijani, un pilier du pouvoir iranien, qu'Israël avait annoncé plus tôt avoir tué. Ali Larijani a “obtenu la douce grâce du martyre”, a affirmé le Conseil dans un communiqué, ajoutant qu'un autre de ses responsables, ainsi que le fils d'Ali Larijani et plusieurs gardes-du corps, avaient aussi été tués. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont aussi confirmé la mort de Gholamreza Soleimani, qui dirigeait l'organisation paramilitaire Bassidj.
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu un hommage national au major Arnaud Frion, tué au Kurdistan irakien, lors d'une cérémonie au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces où il servait. Elle a prononcé un discours de plusieurs minutes, dans lequel elle a salué l'engagement du soldat, entré dans l'armée de terre à 21 ans seulement.
Le président américain a dénoncé “une erreur vraiment stupide” de l’Otan, après que de nombreux pays alliés ont refusé de participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz et a également affirmé sur son réseau Truth Social ne plus avoir “besoin” de leur aide.
“La France ne prendra pas part à des opérations d’ouverture ou de libération du détroit d’Ormuz dans le contexte actuel”, avait notamment déclaré plus tôt Emmanuel Macron, lors d’un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale. Paris pourrait toutefois participer à des “escortes” de navires quand la situation sera “plus calme”.
L’armée israélienne a indiqué qu’elle allait “agir avec force” contre le mouvement islamiste Hezbollah à Tyr, dans le sud du Liban, appelant les habitants de la quasi-totalité de cette ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco à évacuer.
L’armée libanaise a par ailleurs annoncé que trois militaires avaient été tués près de Nabatiyé, dans le sud du Liban, dans un “raid hostile”. L’armée israélienne a indiqué que “l’incident est en cours d’examen”. Le bilan des frappes au Liban atteint 912 morts, selon le gouvernement libanais.
Le chef de l’ICE part à la retraite
Il était devenu le symbole des opérations anti-immigration agressives de l’ICE ordonnées par Donald Trump. Gregory Bovino, haut responsable de la police aux frontières, va prendre sa retraite dans les prochaines semaines. Si la grande majorité des agents fédéraux de l’immigration ont mené ces derniers mois leur traque aux sans-papiers masqués, ce commandant affichait lui son visage émacié, cheveux rasés sur le côté, devant les médias et les manifestants, qui dénonçaient la brutalité de ses méthodes.
N’hésitant pas à aller sur le terrain pour lancer lui-même une grenade lacrymogène sur des protestataires, Gregory Bovino défendait les pratiques de ses agents, y compris après la mort de deux citoyens américains tués par balles dans la ville démocrate de Minneapolis. Gregory Bovino dirigeait une opération sur place lorsqu’un agent a abattu mortellement Renee Good, une mère de famille âgée de 37 ans, dans sa voiture. Il a aussi soutenu les agents fédéraux qui ont tué Alex Pretti, un infirmier, alors qu’il était à terre.
Il avait par ailleurs défendu le fait que des agents de la police de l’immigration aient arrêté un garçon de 5 ans alors qu’ils cherchaient à interpeller son père. “Nous sommes des experts dans la gestion des enfants”, n’avait-il pas hésité à clamer. L’an passé, Gregory Bovino avait déjà dirigé plusieurs opérations très médiatisées, notamment à Los Angeles et Chicago, en recourant à ce qu’il appelle la tactique dite “agir et dégager” : procéder à des arrestations rapides puis se retirer promptement avant l’arrivée de manifestants.
Ce descendant d’immigrés italiens qui a grandi dans l’Etat rural de Caroline du Nord, amateur de controverse, anime un compte X qui défend la politique du gouvernement républicain et n’hésite pas à s’en prendre aux élus démocrates qui critiquent ses méthodes.
Neuf CRS condamnés pour des violences sur des gilets jaunes dans un Burger King à Paris
Les images de violences visant les gilets jaunes avaient fait le tour des réseaux sociaux. Neuf policiers ont écopé de six mois à deux ans de prison avec sursis, à l’issue de leur procès pour avoir asséné des coups aux manifestants réfugiés dans un Burger King de la capitale, le 1er décembre 2018, lors de l’acte 3 des manifestations. Ces peines sont légèrement supérieures aux réquisitions du parquet qui avait réclamé des peines allant de six à vingt mois de prison avec sursis.
“L’usage de la force ne présentait pas les conditions strictes et impératives de nécessité et proportionnalité”, a souligné le président de la 10e chambre correctionnelle de Paris en rendant son jugement, alors qu’aucun des mis en cause ne s’est déplacé pour entendre la décision. Le magistrat a souligné “la nature et la gravité des faits à l’encontre des manifestants”, d’autant que ceux-ci “présentaient un comportement pacifique”.
Durant le procès, les prévenus avaient reconnu certains gestes “inadaptés” envers ceux qu'ils considéraient comme des “pilleurs”, sans toutefois présenter d'excuses. Ils avaient justifié ces violences par un contexte “insurrectionnel” et par leur “épuisement” professionnel.
Le haut responsable de l’antiterrorisme américain remet sa démission à Donald Trump
C'est le premier haut responsable américain à présenter sa démission en raison du conflit au Moyen-Orient. Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, a annoncé sa démission pour protester contre la guerre menée contre l'Iran, affirmant que la République islamique “ne représentait aucune menace imminente” pour les Etats-Unis.
“Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran”, a déclaré le responsable de 45 ans, dans sa lettre de démission adressée au président Donald Trump et qu'il a partagée sur X. “L'Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d'Israël et de son puissant lobby américain”, poursuit-il.
Donald Trump a réagi à cette démission en déclarant à la presse que Joseph Kent était “très faible en matière de sécurité” et que sa démission était “une bonne chose”. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a pour sa part rejeté de “fausses allégations”, qualifiant d’“insultante et risible” l’idée qu’une décision d’entrer en guerre aurait été prise “sous l’influence d’autres personnes”.
L’ONU craint un nettoyage ethnique en Cisjordanie
L’ONU a appelé Israël à cesser immédiatement l’expansion des colonies en Cisjordanie, celle-ci ayant entraîné le déplacement forcé de plus de 36 000 Palestiniens en un an. Selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, couvrant la période allant de novembre 2024 à fin octobre 2025, “le déplacement de plus de 36 000 Palestiniens en Cisjordanie occupée constitue une expulsion massive d’une ampleur inédite”.
Le Haut-Commissariat souligne que “les déplacements en Cisjordanie occupée, qui coïncident avec le déplacement massif de Palestiniens à Gaza, semblent indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif” sur l’ensemble des territoires occupés, “qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique”. Le 19 février, le Haut-Commissariat avait déjà indiqué craindre un “nettoyage ethnique” dans les territoires palestiniens occupés, en pointant du doigt une série d’actions israéliennes dont “l’intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, le refus d’apporter une aide humanitaire et les transferts forcés”.
Le rapport fait état, sur la période concernée, de “l’avancement ou de l’approbation, par les autorités israéliennes, de 36 973 unités de logement dans les colonies de Jérusalem-Est occupée et d’environ 27 200 dans le reste de la Cisjordanie”. Plus de 500 000 Israéliens vivent en Cisjordanie parmi environ trois millions de Palestiniens, dans des colonies que les Nations unies considèrent comme illégales au regard du droit international.
Les violences dans ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 ont flambé depuis l’attaque du mouvement islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, et se sont poursuivies malgré l’entrée en vigueur le 10 octobre d’un cessez-le-feu à Gaza.
Le “transfert illégal” de Palestiniens “constitue un crime de guerre”, pointe le Haut-Commissariat. Et “dans certaines circonstances”, de tels actes peuvent même “s’apparenter à un crime contre l’humanité”.



