Bilan de la mobilisation intersyndicale du jeudi 5 novembre
Quelque 575 000 personnes, dont 65 000 à Paris, ont manifesté en France dans 193 cortèges lors de la journée nationale d’action pour les salaires et le pouvoir d’achat à l'appel de l'intersyndicale, a annoncé le ministère de l'Intérieur. De son côté, la CGT a revendiqué “près de 1,6 million de manifestants partout en France, dont 350 000 à Paris”.
A Paris, des individus cagoulés ont commis des dégradations le long du cortège, selon la préfecture de police de Paris. Des tensions ont aussi été signalées à Lyon ou Rennes.
Au total, 9,89% des agents de la fonction publique d’Etat étaient grévistes à la mi-journée, 4,60% de ceux de la fonction publique territoriale et 3,93% de ceux de la fonction publique hospitalière, a annoncé le ministère de l’Action et des Comptes publics.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunira lundi à Matignon les organisations représentatives des salariés et des employeurs pour une conférence sociale. “Il a demandé au ministre du Travail et des Solidarités de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours”, précise Matignon. Le gouvernement, par ailleurs, dit poursuivre des échanges avec les représentants des agents de la fonction publique.
Piratage du Crédit mutuel Arkéa
Le groupe bancaire, qui réunit les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest de la maison mère, ainsi que des filiales spécialisées, comme Fortuneo, a confirmé l’attaque. Il a assuré que des mesures de sécurité avaient été prises.
Ce cambriolage numérique n’aura aucune conséquence pour les clients, promet l’entreprise, qui poursuit ses investigations. Une enquête a été ouverte.
Des spécialistes estiment les montants dérobés à 118 millions d’euros (133 millions de dollars). “Nous ne confirmons pas ces informations”, a de son côté affirmé le Crédit mutuel Arkéa. Le groupe peut “simplement valider l’ordre de grandeur” – soit plusieurs dizaines de millions d’euros.
“Il est donc encore trop tôt pour communiquer un montant définitif”, a résumé le Crédit mutuel Arkéa, qui fait partie de la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), mais garde une grande indépendance vis-à-vis de l’organe central du groupe qui compte 19 fédérations. Il n’est “absolument pas de nature à remettre en cause la santé et la solidité financière du Crédit mutuel Arkéa”. L’entreprise a dégagé un bénéfice net de 230 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année.
“Les attaquants ont utilisé le compte propre de Crédit mutuel Arkéa pour réaliser des transactions vers d’autres acteurs bancaires”, a détaillé le groupe. C’est pourquoi le piratage “n’entraîne aucune conséquence sur les avoirs” des clients. Le groupe a évoqué “seulement une exécution différée de certaines opérations de virement”. “La quasi-totalité des opérations a pu reprendre son cours dans la matinée de mercredi, après que le groupe et ses filiales se sont assurés de vérifications et de la mise en place de mesures de sécurisation renforcées.”
Crédit Mutuel Arkéa a tout de même mis en garde ses clients contre des tentatives d’arnaques, via du “phishing” (des messages se faisant passer pour la banque). Si l’entreprise n’a mentionné aucun vol de données, une telle attaque peut en revanche entraîner une vague d’arnaques menée par des cybercriminels opportunistes, qui surfent sur l’inquiétude des clients.
Le Crédit Mutuel Arkéa a écarté toute “erreur humaine”, excluant ainsi bon nombre de modes opératoires : “Il s’agit d’une attaque sophistiquée venant de l’extérieur.” Ses “équipes travaillent avec les autorités compétentes, judiciaires et policières, pour déterminer précisément l’origine de l’attaque et son modus operandi”.
“Contrairement à ce qui a pu être écrit” sur les réseaux sociaux, “aucune entrée ne s’est faite par Fortuneo”, la banque en ligne propriété de Crédit mutuel Arkéa, a par ailleurs écrit l’entreprise. Elle a assuré que “les attaquants sont passés par la plateforme d’un de nos prestataires et ont ainsi atteint le Crédit mutuel Arkéa directement”, sans donner davantage de précisions.
Le vol n’était que la première étape. Cet argent a ensuite été transféré et converti sur des plateformes d’échange de cryptomonnaies, avant d’être une nouvelle fois subdivisé entre des portefeuilles crypto de plus en plus nombreux.
Certaines de ces plateformes ont entrepris de bloquer les fonds volés. La plateforme américaine de cryptomonnaies Kraken, par exemple, a expliqué avoir “restreint” des comptes soupçonnés d’être impliqués dans les mouvements de fonds et “travaille avec les autorités pour soutenir les efforts de récupération”. La plateforme Crypto.com a déclaré au même site avoir “pris les actions appropriées pour empêcher tout fonds associé à cet incident tiers de passer par elle”.
La section cybercriminalité du parquet de Paris a été destinataire d’une plainte du groupe Crédit Mutuel Arkéa et a immédiatement ouvert une enquête. Les investigations portent sur une “atteinte à un système de traitement automatisé de données en bande organisée” et ont été confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac).
Des alertes à la bombe sur une vingtaine de vols européens
Pour la troisième fois de la semaine, des alertes à la bombe ont perturbé le trafic aérien européen, touchant cette fois une vingtaine d'appareils. Plusieurs vols ont dû être déroutés, notamment au départ de l'Italie et à destination de la Bulgarie ou de la République tchèque.
Un vol de la compagnie Aer Lingus reliant Dublin (Irlande) à Rome (Italie) a été dérouté sur la base aérienne d’Evreux-Fauville dans l’Eure. A bord de l’appareil, 157 personnes étaient présentes : 151 passagers et six membres d’équipage.
Dans un communiqué, la compagnie irlandaise a assuré que le vol EI402 avait “atterri en toute sécurité” et qu’elle travaillait à acheminer ses clients vers leur destination finale “le plus rapidement possible”. Trois bus ont été affrétés pour transporter les passagers à l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Roissy. “Les passagers sont tous descendus de l’avion, ils ont été contrôlés par les gendarmes”, le temps que les services de déminage interviennent. Le parquet a par la suite annoncé que les recherches effectuées pour détecter la présence d’explosifs ou de tout autre engin explosif à bord de l’A320 d’Aer Lingus s’étaient révélées négatives.
L’un des pilotes a dans un premier temps refusé l’ordre de redirection vers cette base militaire, pour demander à se poser sur un aéroport civil. Ce qui a contraint deux avions de chasse à venir escorter l’appareil pour l’obliger à se poser sur la base normande. Une enquête a été ouverte par le parquet d’Evreux afin de faire la lumière sur le comportement de ce pilote irlandais, susceptible de constituer une infraction.
En plus de l’appareil ayant atterri à Evreux, une vingtaine d’autres vols ont été concernés par ces alertes. Tous se sont posés en sécurité, ont confirmé les compagnies concernées.
Parmi ces appareils, trois avions de la compagnie aérienne Ryanair, en provenance de Madrid (Espagne), Copenhague (Danemark) et Londres (Royaume-Uni) et à destination de Sofia (Bulgarie), ont fait l’objet de fausses alertes. Des chasseurs MiG-29 de l’armée de l’air ont intercepté et escorté les appareils, selon le ministère de la Défense bulgare. Les deux premiers ont atterri à destination, tandis que le troisième a été dérouté vers l’aéroport de Plovdiv (Bulgarie), à l’est de la capitale. Aucun explosif n’a été découvert à leur bord.
Des menaces ont aussi visé trois vols liés à Madrid. L’exploitant aéroportuaire espagnol Aena a refusé de préciser les compagnies aériennes concernées ou d’indiquer si la capitale était la ville de départ ou d’arrivée.
Un autre vol reliant Helsinki (Finlande) à Rome (Italie) pour la compagnie Finnair a également été visé par une fausse alerte et escorté par des avions de chasse italiens jusqu’à l’aéroport romain de Fiumicino. “Rien d’anormal n’a été constaté”, selon la compagnie, qui précise qu’un autre vol reliant Helsinki à Vienne (Autriche) a aussi fait l’objet d’une fausse alerte. Deux vols Wizz Air au départ de Milan (Italie) et à destination de Bucarest (Roumanie) et Varsovie (Pologne) ont par ailleurs été concernés.
Quatre avions qui se sont posés à Prague ont aussi été visés par des alertes à la bombe. Il s’agit de deux appareils de la compagnie Easyjet en provenance de Glasgow et Newcastle, au Royaume-Uni, d’un autre opéré par Ryanair parti de Dublin et d’un avion de Sky Express venu d’Athènes (Grèce). “Les résultats des contrôles d’engins explosifs se sont révélés négatifs”, a ajouté la police tchèque, ajoutant que le centre national de lutte contre le terrorisme était chargé de l’enquête.
Le commissaire européen aux transports, Apostolos Tzitzikostas, a affirmé qu’il était encore “trop tôt” pour dire si toutes ces alertes à la bombe étaient liées entre elles.
Epidémie de rougeole aux Etats-Unis
Après avoir été déclarée éliminée grâce à la vaccination en 2000, la maladie sévit à nouveau aux Etats-Unis. Près de 5 000 cas, dont plusieurs mortels, ont ainsi été confirmés depuis le début de l’année 2026. Il s’agit ainsi de la pire épidémie de rougeole depuis trente-cinq ans.
Au 29 octobre, 4 852 cas confirmés de cette maladie grave et contagieuse avaient été décomptés aux Etats-Unis cette année, soit déjà plus du double que sur toute l'année 2025. Entre 2020 et 2024, le nombre de cas ne dépassait pas quelques dizaines ou centaines dans le pays, alors que la maladie avait été déclarée éliminée en 2000 grâce à la vaccination.
La rougeole est une maladie très contagieuse. Elle provoque de la fièvre, des symptômes respiratoires et des éruptions cutanées, et dans certains cas des complications plus graves, comme une pneumonie et une inflammation du cerveau pouvant occasionner de graves séquelles, voire la mort. Avant la mise au point du vaccin au début des années 1960, elle tuait des centaines d'enfants chaque année aux Etats-Unis.
Depuis le printemps, les regards sont tournés vers la Pennsylvanie, où le nombre de cas est le plus important des Etats-Unis. Les autorités de cet Etat de l’est du pays, ont confirmé que six personnes étaient mortes de la rougeole en 2026. Parmi elles, aucune n’était vaccinée contre la maladie. Plusieurs victimes habitaient dans des comtés connus pour abriter une large population amish, dont les taux de vaccination sont inférieurs à ceux du reste de la population.
Selon le département de la Santé de Pennsylvanie, l’Etat a enregistré 1 467 cas de rougeole cette année dont au moins 77 concernent des femmes enceintes, particulièrement à risque.
Bien que le vaccin soit obligatoire aux Etats-Unis, les Américains peuvent, dans une grande partie du pays, contourner la règle en invoquant des raisons religieuses, voire philosophiques. Au cours de l’année scolaire 2025-2026, environ 4% des enfants scolarisés en maternelle aux Etats-Unis ont bénéficié d’une exemption non médicale pour au moins un vaccin.
Connu pour son hostilité aux vaccins, le ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr, est accusé de jouer un rôle important dans ce phénomène. Ce membre de l’administration Trump a relayé à plusieurs reprises de fausses informations sur le vaccin contre la rougeole et minimisé la dangerosité de la maladie. Il a également remis en doute l’attribution de certains décès récents à la maladie.
A Hong Kong, Joshua Wong condamné à 10 ans de prison supplémentaires
Tout juste trentenaire, Joshua Wong est déjà en détention depuis près de six ans. Un tribunal hongkongais a condamné le militant prodémocratie à 10 ans de prison supplémentaires, pour collusion avec des pays étrangers en vertu de la loi de sécurité nationale. L’ancien leader étudiant, l’une des figures les plus reconnaissables des grandes manifestations de 2019 dans le pays, a plaidé coupable en septembre de nouvelles accusations de collusion avec l’étranger et encourait une peine allant jusqu’à la prison à perpétuité.
Joshua Wong devait être libéré en janvier, après avoir purgé quatre ans et huit mois de prison pour “subversion” en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée dans le territoire par la Chine en 2020.
Mais les autorités de Hong Kong ont fait appel à cette même loi en juin 2025 pour l’accuser, aux côtés de l’ex-député exilé Nathan Law et d’autres, d’avoir demandé à des pays et entités étrangères de l’aider à obtenir des sanctions à l’encontre de Hong Kong et de la Chine, notamment en s’exprimant dans des médias internationaux.
Human Rights Watch, qui a qualifié la sentence de “cruelle et injuste”, a exhorté les gouvernements étrangers à “imposer des sanctions ciblées aux responsables de la répression croissante à Hong Kong”.





65000 à Paris …. Non mais sérieux 😂même pas le stade France ! Pourquoi reprendre ces chiffres plus que fantaisistes !