Après une réunion à Matignon, les syndicats appellent à une grande mobilisation le 5 novembre
“L'heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation.” A l'issue d'une réunion à Matignon avec Sébastien Lecornu et les autres syndicats, les syndicats ont fait part de leur déception. “La CGT, avec l'intersyndicale, appelle à la mobilisation la plus large possible le 5 novembre. Nous appelons les travailleurs et les travailleuses à organiser des assemblées générales partout pour généraliser la grève”, a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
“Franchement, c'est quand même très décevant comme réunion”, a estimé Cyril Chabanier, président confédéral de la CFTC. Les réponses de Sébastien Lecornu ont été “très en dessous de ce que l'on peut attendre”, a déclaré Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, appelant également à “une très grande grève” le 5 novembre. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a jugé “le gouvernement pas vraiment dans le tempo”, appelant à une “grande mobilisation” le 5 novembre.
L’Etat peut-il restreindre ou bloquer l’accès aux réseaux sociaux ?
C'est une petite musique qui revient après les dégradations et les pillages commis en marge des manifestations contre la vie chère. Plusieurs responsables politiques, notamment au centre et à droite, ont appelé à restreindre, voire à bloquer, certains réseaux sociaux en cas d'émeutes.
Le candidat de Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, a ainsi plaidé pour “un blocage temporaire” de ces plateformes, “ciblé sur les territoires où se déroulent les émeutes”. Il dénonce l’existence de “points de convergence qui se font via les réseaux sociaux” avec “un mimétisme qui s’organise”. Le député de Paris Sylvain Maillard (Renaissance) a également appelé à “l’interdiction de la géolocalisation des vidéos de pillages sur les réseaux sociaux dès qu’une manifestation dérape”. “Il faut interdire momentanément l’accès aux réseaux sociaux, ceux que les jeunes utilisent pour lancer des actions contre des établissements, le corps enseignant” dans le cadre du mouvement lycéen, a aussi réclamé Nicolas Isnard, maire Les Républicains de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône).
La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a justement convoqué des représentants des “principales plateformes de réseaux sociaux”, pour une réunion qui n’a été suivie d’aucune annonce.
Pour défendre sa proposition, Gabriel Attal rappelle que lorsqu'il était Premier ministre, la France a déjà imposé un blocage d'un réseau social, en l'occurrence TikTok, sur une partie du territoire français : c'était en Nouvelle-Calédonie, en mai 2024, pendant une vague de violences. Mais le territoire d'outre-mer était alors sous le régime de l’état d’urgence dont l’article 11 permet au ministre de l'Intérieur de “prendre toute mesure pour assurer l'interruption de tout service de communication au public en ligne provoquant à la commission d'actes de terrorisme ou en faisant l'apologie”. La France n'est pour le moment pas concerné par ce régime d'exception, activé seulement neuf fois depuis 1955.
Dans une décision publiée en avril 2025, le Conseil d’Etat a estimé a posteriori que ce blocage de TikTok était “illégal” car il avait porté “une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression, à la liberté de communication des idées et opinions et à la liberté d’accès à l’information”.
Pour autant, la plus haute juridiction administrative avait estimé qu’en cas de “circonstances exceptionnelles”, une telle interruption pouvait être légale, à trois conditions : “qu’elle soit indispensable pour faire face à des événements d’une particulière gravité, qu’aucun moyen technique ne permette de prendre immédiatement des mesures alternatives moins attentatoires aux droits et libertés, et que l’interruption soit prise pour une durée limitée nécessaire à la recherche et la mise en place de ces mesures alternatives”. Le Conseil d’Etat cite notamment en exemple “le blocage de certaines fonctionnalités du réseau” plutôt que de la plateforme dans son intégralité.
Néanmoins, l’Hexagone et la Corse sont, à la différence de la Nouvelle-Calédonie, soumises au droit européen. Dans ces territoires, les autorités françaises ne peuvent décider seules de restreindre l’accès à un réseau social, comme l’a récemment rappelé la Commission européenne à l’exécutif français, qui voulait interdire l’accès de ces plateformes aux moins de 15 ans.
L’article 36 du règlement sur les services numériques (DSA), entré en vigueur en 2023, dispose en effet que la Commission européenne peut, en cas de “crise”, contraindre une ou plusieurs “très grandes plateformes en ligne” à modifier leurs services, par exemple en bloquant certaines fonctionnalités ou hashtags. Les mesures doivent par ailleurs être “strictement nécessaires, justifiées et proportionnées”, sur une période clairement définie de trois mois maximum.
Le même DSA, dans son article 51, rappelle que la France ne peut demander elle-même le blocage d’une très grande plateforme en ligne qu’en passant par un juge qui peut être en désaccord avec le gouvernement sur la pertinence du blocage, comme l’ont rappelé les échecs concernant les blocages de Shein et du site de streaming Kick en France. Pour que la demande de blocage soit validée par un juge, la plateforme visée doit avoir échoué à mettre en place des mesures permettant de mettre fin à une “infraction pénale” qui pose “une menace pour la vie ou la sécurité des personnes”, après plusieurs avertissements.
Enfin, d’un point de vue technique, un blocage de cette ampleur pourrait être complexe. Le blocage d’un réseau social n’est pas effectué par la plateforme elle-même, mais est obtenu en obligeant les fournisseurs d’accès à internet (FAI) comme Orange, Bouygues ou Free à bloquer les requêtes d’accès au réseau visé.
La chose était simple en Nouvelle-Calédonie, car l’archipel compte un seul opérateur téléphonique, public, l’OPT-NC. Mais la France compte plusieurs opérateurs grand public et des dizaines d’opérateurs virtuels, et les méthodes de blocage sont d’une efficacité variable, ou nécessiteraient du matériel que les opérateurs ne pourraient déployer en quelques heures.
Survols de drones détectés au-dessus de sites militaires à Toulon
Plusieurs survols de “drones aériens non autorisés” ont été détectés “aux abords et au-dessus de sites militaires” début octobre dans la région de Toulon (Var), en plein exercice militaire, a annoncé la marine nationale dans un communiqué.
Le commandement de zone Méditerranée de la marine nationale évoque plusieurs survols par des “drones aériens non autorisés aux abords et au-dessus” de sites militaires de la région de Toulon, sans plus de précisions.
“A ce jour, aucune infrastructure sensible n’a été menacée”, précise le communiqué de la marine nationale. Contacté par l’AFP, le commandement de zone s’est refusé à tout commentaire sur le nombre des incidents, la nature des drones impliqués ou si certains avaient pu être neutralisés.
“Pour chaque occurrence, les mesures de sécurité prévues ont été activées par le déclenchement de dispositifs anti-drone, coordonnées avec les forces de sécurité intérieures”, affirme la marine. Mais aucun des appareils n’a pu être récupéré, et les autorités n’ont pas pu déterminer le nombre ou le modèle précis de drones utilisés.
“Une enquête judiciaire a été ouverte”, précise le commandement de zone Méditerranée de la marine. Les incidents ont eu lieu lors d’un “exercice interarmées de grande ampleur” appelé Typhon, qui s’est tenu du 5 au 16 octobre, reconnaît la marine. Organisé dans “la rade de Toulon et son environnement immédiat”, il avait pour objectif de “s’entraîner à la protection des emprises militaires autour de la rade et dans la rade”, expliquait la préfecture maritime de la Méditerranée le 5 octobre.
L’exercice Typhon a impliqué des “manœuvres terrestres, aériennes et maritimes”, dont des “mouvements d’unités, de navires, de véhicules, d’aéronefs”, notamment des drones, sur le territoire des communes de Toulon, mais aussi de Hyères et neuf autres communes proches. Une “intensification des activités” était prévue du 13 au 15 octobre.
Quelques jours auparavant, du 28 septembre au 2 octobre, la Marine nationale avait également conduit au large de Toulon un exercice surnommé Wildfire, “dédié à la lutte anti drones aériens et de surface”, qui a permis de tester plusieurs navires et “de nouveaux équipements”.
La base navale de Toulon est le premier port militaire français, port d’attache notamment du porte-avions Charles-de-Gaulle, qui s’y trouve à quai depuis fin août pour un arrêt technique prévu jusqu’à début décembre.
Un corps retrouvé après le crash d’un avion militaire près de Nancy
Après le crash d’un avion militaire sur la commune de Rogéville (Meurthe-et-Moselle), au nord de Nancy, le corps d’un des occupants a été retrouvé. Les recherches se poursuivent pour retrouver le deuxième occupant de l’avion de chasse Mirage 2000D.
Selon les premiers éléments communiqués par l’Armée de l’Air et de l’Espace, le Mirage 2000D rentrait d’une mission d’instruction et s’approchait de la base militaire de Nancy, lorsqu’il y a eu une perte de contact radio puis radar avec la tour de contrôle. Peu de temps après, l’avion s’est écrasé. À son bord se trouvaient deux occupants : un pilote à l’avant et un officier système d’armes à l’arrière.
“Il apparaît qu’au moins l’un des membres d’équipage n’a pas pu s’éjecter”, a déclaré le colonel David Pappalardo, porte-parole de l’armée de l’Air et de l’Espace. L’appareil, un Mirage 2000D biplace non armé, “effectuait une mission d’entraînement classique”. “Il était en contact radio radar avec l’approche de la base aérienne de Nancy. Soudainement, celle-ci a constaté qu’il ne répondait plus à la radio et a perdu le contact radar”, confirme le colonel David Pappalardo.
Les opérations de recherches ont été déclenchées immédiatement. Le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a déploré dans un point presse des “conditions météorologiques difficiles” pour les recherches, compte tenu de la nuit et du brouillard, rendant l’utilisation d’hélicoptères impossible dans les recherches.
À bord de l’appareil se trouvaient deux militaires : un “jeune pilote en instruction” et un officier systèmes d’armes, “particulièrement expérimenté avec de nombreuses heures de vol”, poursuit le porte-parole. Le colonel Ludovic Humbert, commandant de la base aérienne 133 Nancy-Ochey a abondé dans le même sens, évoquant un “navigateur très aguerri” et “un jeune pilote mais avec tous les prérequis et les qualifications nécessaires pour piloter” un avion de ce type.
Le corps retrouvé n’a pas été identifié pour le moment. Des enquêtes de sécurité sont en cours pour déterminer les circonstances de l’accident.
Emmanuel Macron dénonce “des dirigeants qui font campagne sur le dos de la France”
Emmanuel Macron a dénoncé des dirigeants étrangers qui “font campagne sur le dos de la France” et ont tenu des “commentaires inacceptables autant que stupides”, en visant sans les nommer le président américain, Donald Trump, et le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. A la suite des violences du week-end en France, “il y a eu une manipulation étrangère de l’information qui a donné lieu à des commentaires inacceptables autant que stupides de la part de beaucoup, y compris de dirigeants étrangers”, a dénoncé le président français lors d’un point-presse à Doha, au Qatar.
“Il y a des gens qui font campagne sur le dos de la France, des dirigeants qui sont dans des situations de campagne dans la région ou de l’autre côté de l’Atlantique, qui parfois avec crédulité reprennent ce qu’il y a dans l’intelligence artificielle ou qui relaient ce qu’évidemment des sphères veulent faire croire”, a-t-il critiqué.
“La France brûle !”, a écrit le président américain sur son réseau social Truth Social, s’en prenant à la politique migratoire française, qui serait, selon lui, à l’origine de ces violences. Une immigration venue “d’un monde totalement différent”, qui aurait “brisé” la France. De son côté, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou a estimé que la France avait “cédé à l’invasion de l’islam extrémiste”.





Merci Alexis , mais vous nous manquez le matin pour le revue de presse